Cote d'Ivoire: Autosuffisance en riz en Côte d'Ivoire - Des opérateurs préconisent « la recapitalisation » de la filière

Dr Amadou Moustapha Bèye, ancien représentant régional d'AfricaRice, par ailleurs, directeur général de la société Many, en technicien averti, est convaincu que la Côte d'Ivoire, avec l'appui de l'État, des partenaires au développement et du secteur privé, peut arriver à l'autosuffisance en riz dans les cinq ans.

Il a exprimé son optimisme au cours de la rencontre organisée à Abidjan par la chambre de commerce américaine, le 28 juillet. Mais pour y parvenir, l'ancien représentant régional suggère que le gouvernement pense à la mise en place d'un Fonds de développement agricole qui s'inspire du Plan Marshall qui a permis aux pays européens de réussir la Révolution agricole.

En attendant, il propose la création d'un Fonds de garantie de 30 milliards FCfa. Ce Fonds confié à un comité ad hoc servira à garantir des prêts aux leaders de pools en appui aux petits exploitants agricoles.

Dr Bèye voit l'accompagnement de l'État de Côte d'Ivoire à travers l'ouverture de périmètres irrigués, l'accès des agriculteurs aux intrants agricoles, et les équipements. C'est ce qu'il appelle « la recapitalisation ». Et cette recapitalisation s'impose « parce que l'agriculture coûte cher », dit-il.

En ce qui concerne l'initiative Many dont il est l'un des principaux responsables, il a fait savoir que son objectif est de « fabriquer des paysans millionnaires ». « Nous ne voulons pas voir de paysans pauvres. Je vous invite à venir voir dans deux semaines, à Dabakala, le miracle va se produire lors du paiement des producteurs ».

Ce que Dr Bèye dit pour la Côte d'Ivoire, c'est valable à l'échelle du continent africain. Là aussi, il pense que d'une manière générale « le rêve est encore permis » en ce qui concerne la transformation économique et sociale des États.

Bien entendu, le technicien insiste sur les ingrédients nécessaires. A savoir « la recapitalisation de l'agriculture familiale, son industrialisation et son arrimage au marché. Par ailleurs le conférencier indique que pour garantir le succès, ces efforts devront être soutenus par une bonne gouvernance, des réformes foncières, la recherche et l'éducation, et le respect de la biodiversité et des écosystèmes, pour ne pas répéter les erreurs de la révolution verte. Sur la question de « la recapitalisation », les opérateurs du secteur riz en Côte d'Ivoire présents à la conférence étaient de chœur avec l'ex- représentant régional d'AfricaRice.

C'est le cas du président de la Fédération des transformateurs de riz de Côte d'Ivoire, Diabaté Mory. Pour lui, la Côte d'Ivoire a les moyens de recapitaliser l'agriculture. Et cela passe par « des financements conséquents pour atteindre l'autosuffisance en riz ».

Il convient de noter que Dr Bèye a participé au montage de la plupart des projets de développement des pays francophones et Madagascar. Il constate malheureusement que « les résultats sont mitigés ».

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Quelque chose se prépare à Dabakala

« Dans deux semaines (...), nous allons créer des millionnaires ». Cette phrase a été lancée par Tiahmo Rauf au cours de la conférence publique. Tiahmo Rauf est le président directeur général de Many, une organisation qui, depuis février 2021, s'est lancée dans la promotion de la culture mécanisée du riz en Côte d'Ivoire.

S'il parle de créer des millionnaires dans deux semaines, c'est parce qu'à cette date, à Dabakala, où la société a démarré son initiative, ce sera la fin des récoltes. Et les producteurs percevront leur argent.

Ces derniers, note-t-on, ont travaillé grâce aux appuis financiers de Many et des projets CORIS / GIZ / AfricaRice et PUR_2020 du FIDA / PADFA.

Les responsables de l'Initiative Many entendent donner l'exemple en matière de « recapitalisation » de l'agriculture. D'où l'option mise sur la mécanisation et le financement.

Pour l'heure, les localités élues sont Dabakala et Marabadiassa.

Le président directeur général annonce que leur société a décidé de monter des centres de machinisme agricole couvrant, chacun, 25 mille hectares en moyenne. Le but est de contribuer fortement à la mécanisation de l'agriculture qui, il faut le reconnaître, piétine quelque peu en Côte d'Ivoire.

Les quatre premiers centres concernent Dimbokro, Daloa, Dabakala et Marabadiassa. Il est prévu de créer à terme huit centres. D'ici là, Dabakala fait la fierté de ses promoteurs. Tant les résultats sont probants.

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