Madagascar: Session parlementaire virtuelle - L'Exécutif mis à l'abri

La session extraordinaire du Parlement démarre ce jour. Les séances plénières par visioconférence devraient éviter les effusions d'humeur entre les députés et le gouvernement.

Une session entièrement virtuelle. Le bureau permanent de l'Assemblée nationale a fait le choix de continuer sur la lancée de la dernière session ordinaire et de surfer sur la vague de la visioconférence durant la session extraordinaire qui démarre ce jour.

La formule de la session par visioconférence devrait ménager le gouvernement. Surtout que le face-à-face entre l'Assemblée nationale et le gouvernement, à la fin de la dernière session ordinaire, est toujours dans les têtes. Une séance marquée par un clash entre quelques députés et des ministres. Il y a eu, notamment, la dispute entre le député Naivo Raholdina, élu IRD et Johnny Andriamahefarivo, ministre de la Justice. S'en sont suivies des invectives médiatiques menées par des députés qui ne voulaient pas en démordre.

Les péripéties qui ont marqué l'intersession, notamment, l'affaire de la tentative d'assassinat du président de la République, a fait que les querelles entre députes et membres du gouvernement se sont tues. Une session par visioconférence devrait préserver l'Exécutif d'une tourmente venant de la Chambre basse. Les séances à distance rendent difficiles, en effet, les manœuvres politiques qui se concoctent le plus souvent dans les couloirs de l'institution de Tsimbazaza.

"Nous avons eu le choix entre une session entièrement en présentiel, ou entièrement en ligne. Nous avons opté pour la deuxième option", indique le député JeanMichel Henri, questeur à l'Assemblée nationale. Mettant en avant le fait que l'ordre du jour de cette session extraordinaire est relativement léger, l'élu d'Ambovombe ajoute, "il n'est pas du tout question de craindre quoi que ce soit, ou de préserver l'Exécutif d'un soubresaut venant de l'Assemblée nationale".

Cohésion

La ratification de la convention entre Madagascar et la Banque mondiale pour le financement de quatre projets est l'objet de la session extraordinaire du Parlement, qui commence aujourd'hui. Cette convention, qui porte sur un financement total de 490 millions de dollars, a été signée au palais d'État d'Iavoloha, le 21 juillet.

«Nous avons estimé qu'il n'y a pas lieu de tenir des séances en présentiel étant donné qu'il s'agit juste de répondre par oui ou non à la demande de ratification. Un débat de fond n'est plus nécessaire vu que la convention est déjà signée», soutient le questeur Jean-Michel Henri. Pour souligner le fait que la décision du bureau permanent n'a été motivée que par des arguments techniques, il ajoute, «nous sommes confiants quant à la solidarité de la majorité».

Souvenant le sujet d'actualité qu'est la tentative d'assassinat du Chef de l'État, le député d'Ambovombe tempère, «nous traversons une période difficile et la majorité ne mettra de l'huile sur le feu avec une querelle politique». Ce dossier a été l'occasion pour la coalition présidentielle IRD d'affirmer sa cohésion. L'absence de quelques élus d'Antananarivo à l'ARENA Ivandry, le 21 juillet, pourrait indiquer qu'il y a un malaise au sein de la majorité.

Cette conférence de presse d'Ivandry a pourtant servi pour affirmer que les Oranges font corps derrière le Président Andry Rajoelina. Dans des publications sur les réseaux sociaux, des grands parleurs de l'IRD, comme le député Paul Bert Rahasimanana, ont appelé à une prise de responsabilité du bureau politique de l'IRD à agir pour régler les problèmes politiques. L'élu du quatrième arrondissement d'Antananarivo a, notamment, requis que soit réglé les problèmes des compagnons de lutte.

Le spectre d'une recomposition du gouvernement plane toujours, par ailleurs. Une opportunité "pour évincer les maillons faibles et placer les combattants politiques", au front en vue de la prochaine élection présidentielle, pour certains militants IRD. L'arrestation d'Yvon Randriazanakolona, dit Sareraka, dans le cadre de l'affaire de tentative d'assassinat du chef de l'État, fait grincer des dents au sein de la majorité. Certains regrettent la manière dont ce militant Orange des premières heures a été interpellé.

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