Burkina Faso: Réouverture des frontières - Les acteurs se concertent pour une gestion sécurisée du flux

Afin de faciliter la réouverture coordonnée des frontières terrestres en appliquant les mesures sécuritaires et sanitaires tout en préservant les acquis de la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l'Ouest. Le Programme frontière de l'Union africaine (PFUA), en collaboration avec la GIZ, organise du 2 au 4 août 2021 à Ouagadougou une session de formation au profit d'une cinquantaine d'éléments des forces de défense et de sécurité en charge du contrôle aux frontières et des acteurs du transport et du commerce transfrontaliers.

La fermeture des frontières suite à la pandémie de Covid-19 impacte négativement le transport et la commercialisation productive inter-pays. Dans l'espace CEDEAO, elle a entraîné des perturbations de la demande, de l'offre et de l'investissement dans les principaux secteurs économiques. En effet, le secteur tertiaire (services) et celui primaire (agriculture) subissent des pertes importantes en raison des restrictions des voyages et des déplacements à la suite des fermetures des frontières terrestres, perturbant des chaînes d'approvisionnement et l'accès aux marchés des petites et moyennes entreprises.

En plus, les Etats touchés par la crise sécuritaire ont renforcé les points de contrôles aussi bien à l'intérieur des territoires qu'aux frontières. Cette tendance pourrait constituer une entrave à la libre circulation des personnes et au commerce transfrontalier. C'est dans ce contexte que la cinquantaine d'éléments des FDS et les acteurs du transport et du commerce transfrontalier seront informés, sensibilisés et formés, vu l'enjeu économique que représente la réouverture des frontières terrestres pour les différents pays de la CEDEAO.

Cette formation qui est initiée par la GIZ/PFUA et la direction nationale de police des frontières du Burkina Faso est assurée par les experts de la commission de la CEDEAO, de l'OOAS, de l'UEMOA et du CILSS. L'objectif de cet atelier est de mener des réflexions techniques sur les mécanismes opérationnels de coordination et de coopération pour assurer une gestion coordonnée et sécurisée des flux de passage des personnes et des biens dans un contexte de crises sécuritaire et sanitaire dans la perspective de la réouverture des frontières.

Pour le chargé des affaires de l'ambassade d'Allemagne, Nils Wortmann, depuis la mise à disposition des vaccins, l'ensemble des Etats membres de la CEDEAO et de l'UEMOA ont instauré des campagnes de vaccination qui sont toujours en cours. L'accélération de la campagne et l'incidence des autres mesures anti-covid-19 influencent à la baisse les différents indicateurs épidémiologiques.

Cette tendance donne l'espoir d'une reprise des activités d'intégration économique en Afrique de l'Ouest avec une réouverture progressive des frontières. Cette lueur d'espoir intervient au moment où les pays ciblés par cet atelier connaissant également une crise sécuritaire avec de graves conséquences humanitaires.

Le 30 juin 2021, le Sahel enregistrait environ 4,2 millions de déplacés, selon le Bureau de coordination humanitaire des Nations unies. Face à cette situation dramatique, certains Etats, pour endiguer la crise sanitaire et protéger les vies, ont décrété des couvre-feux et des Etats d'urgence partiels sur le territoire. Les mesures de contrôle internes et aux frontières ont également été renforcées. « Nous sommes ravis de constater que les soutiens précédents de l'Allemagne, en collaboration avec la CEDEAO et l'OOAS, ont permis de conduire une action pilote à travers le projet et de réduire la transmission de la Covid-19 et ses impacts sur les corridors routiers transfrontaliers de la CEDEAO », a indiqué le chargé des affaires.

Et d'ajouter : « Cette rencontre balisera, sans nul doute, la voie vers la réouverture des frontières et le point de départ vers la gestion coordonnée des espaces frontaliers où les citoyens communautaires jouissent de l'application et des opportunités qu'offrent les textes communautaires de la CEDEAO et de l'UEMOA et par conséquent la suppression des entraves à la libre circulation des personnes et des biens ».

« Nous saluons l'initiative, parce que vous savez bien que nos Etats sont confrontés à des difficultés avec les crises sécuritaire et sanitaire. Il était nécessaire que les différents acteurs chargés des contrôles puissent se retrouver pour échanger afin d'harmoniser leurs points de vue dans la perspective de la réouverture de ces frontières. Il faut faire en sorte que ces espaces soient sécurisés où nous pouvons promouvoir la libre circulation des personnes et des biens qui sont vraiment chers à nos présidents », a souligné Laurent Ouédraogo, commissaire divisionnaire de police, conseiller technique du ministre de la Sécurité.

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