Congo-Brazzaville: Forêt - Les acteurs édifiés sur les concepts forestiers

Les experts des Etats membres de la commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) du secteur forestier se réunissent, du 3 au 5 août à Brazzaville, en atelier régional de réflexion sur la formalisation et définition des concepts « Forêt », « Déforestation », et « Dégradation des forêts » dans la sous-région.

Financée par le gouvernement congolais, la CEEAC, l'Union européenne(UE), l'Unesco et WWF, cette rencontre régionale reunira les experts de la communauté, les représentants de la Commission des forêts d'Afrique centrale, de l'Union africaine, des institutions locales du secteur forêt et agriculture, des organisations de la société civile, etc.

Elle vise à contribuer à la levée des contraintes de la participation des produits agrosylvopastoraux issus des zones rurales dites forestières au développement durable des pays de la CEEAC, ainsi que leur positionnement sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux.

En effet, les travaux de ses assises s'inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des résultats de la conférence des ministres de la CEEAC sur le fonds pour l'économie verte en Afrique centrale, tenue à Kinshasa en octobre 2014, et des activités du plan indicatif stratégique moyen terme 2021-2025 du département environnement de ladite commission.

« Cet atelier technique revêt une double importance pour la commission de la CEEAC. Au- delà des définitions des concepts, il marque le lancement du processus d'accélération de la construction d'une nouvelle économie forestière, une économie forestière durable de l'Afrique centrale, une économie ambitieuse pour démonter, entres autres, les rôles géopolitiques, géostratégiques et géoéconomiques des forêts du Bassin du Congo », a indiqué Honoré Tabuna, commissaire en charge de l'environnement, agriculture et développement durable de la CEEAC.

Pour la ministre de l'Economie forestière, Rosalie Matondo, la tenue de cet atelier permettra d'aboutir à une compréhension commune ainsi qu'à des définitions consensuelles de ces différents concepts. Les forêts du Bassin du Congo, a-t-elle indiqué, sont aujourd'hui considérées comme les moins dégradées de la zone tropicale (par comparaison avec celles des deux autres massifs forestiers tropicaux du monde, notamment l'Amazonie et l'Asie du Sud-Est). « Le taux de déforestation enregistré dans la zone forestière d'Afrique centrale est encore très faible. S'agissant du Congo, le taux se situe à seulement 0,05% soit 17000 ha par an de perte de forêts naturelles. », a-t-elle fait savoir à l'ouverture de l'atelier.

Par ailleurs, la ministre Rosalie Matondo a loué l'initiative prise par la CEEAC qui, d'après elle, offrira aux pays du Bassin du Congo l'opportunité de se concerter au-delà des concepts de « Forêt », « Déforestation », et « Dégradation des forêts », sur le lien des marchés cibles et la lutte contre la déforestation.

Raul Mateus Paula, ambassadeur, chef de la délégation de l'Union européenne (UE) au Congo, estime que la réflexion autour de ces termes forestiers est primordiale afin d'orienter les politiques et les projections économiques vers des solutions durables et responsables. L'occasion présentée, dit-il, est une opportunité en vue d'échanger sur les enjeux du développement durable dans la sous-région.

Conscient de la menace de la dégradation des forêts que subissent les villes de l'Afrique centrale, conséquence du réchauffement climatique, Dieudonné Bantsimba, maire de la ville de Brazzaville pense que l'urgence climatique demeure pendante et exhorte les Etats membres à redoubler de vigilance dans cette lutte.

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