Sénégal: Impacts de la 3ème vague de Covid-19 - Hôtels et restaurants dans l'incertitude et l'angoisse

Le secteur du tourisme a été fortement touché par les conséquences de la pandémie du coronavirus. Au Sénégal, beaucoup de structures hôtelières ont vu leurs chiffres d'affaires drastiquement baisser lors des deux premières vagues de la Covid-19. Aujourd'hui, avec cette troisième vague qui frappe notre pays, l'inquiétude et l'incertitude s'installent de plus en plus chez les acteurs de l'hôtellerie et de la restauration qui, avec la baisse des cas de contaminations enregistrée ces derniers mois, avaient repris timidement leurs activités.

Au Sénégal, le secteur du tourisme a été touché de plein fouet par la pandémie du Coronavirus avec notamment les mesures restrictives qui ont été prises par l'Etat. Avec la baisse des contaminations notée les derniers mois, les activités touristiques avaient repris timidement au niveau de certaines structures hôtelières. Aujourd'hui, avec cette troisième vague qui surgit brutalement, les acteurs sont de plus en plus préoccupés par le sort de ce secteur, principal pourvoyeur de devises.

«Au niveau de la restauration et de la structure hôtelière, ça ne marche pas du tout. Après les deux premières vagues, on avait retenu que ça puisse redémarrer les week-ends. Mais, nous sommes encore frappés d'un plus grand fouet. J'avoue sincèrement que c'est trop difficile. Même les week-ends actuellement avec la troisième vaque, le tourisme local ne fonctionne pas, comme il se doit. Ce qui fait que nous sommes abattus», se plaint Boly Guèye, président de l'antenne des syndicats d'initiatives du tourisme du département de Mbour.

Boubacar Sabaly, directeur d'hôtel et membre du comité de gestion de la station balnéaire de Saly partage aussi ce sentiment de désolation. Car, informe t-il, les colonies de vacances ainsi que les séminaires et ateliers qui devaient se tenir au niveau des hôtels sont annulés à cause de cette troisième vaque de Civid-19. « Aujourd'hui, on a enregistré des annulations. Tout ce qui est colonies de vacances est annulé. Les séminaires et ateliers sont reportés ou transformés en visioconférences. Ce qui est une inquiétude réelle. On a des lendemains incertains. Il y a une ampleur très forte au niveau de Dakar qui est le marché principal du tourisme local. Parce que c'est seul le tourisme local dont nous disposons actuellement et l'épicentre de la pandémie, c'est la région de Dakar», soutient-il.

Cette période difficile que traverse le secteur commence à engendrer des pertes d'emplois au niveau de la chaine de valeur touristique. «On a peur que les gens arrêtent certaines activités. Les serveurs qui étaient dans les restaurants sont obligés d'arrêter. Les coûts d'immobilisation grimpent. Certaines structures sont obligées de fermer parce qu'elles ne pourront pas prendre en charge cette immobilisation. C'est vrai que l'Etat du Sénégal avait aidé et accompagné ces structures hôtelières à travers des fonds de roulement, mais si ça continue, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson», a alerté Boly Guèye.

Et M Sabaly de renchérir : « Déjà, la plupart des hôtels de loisirs avaient arrêté depuis l'année dernière tout ce qui est contrat à durée déterminée. Maintenant, nous recrutons en fonction de l'activité. Ce qu'il faut craindre au niveau de l'hôtellerie d'affaires si cette situation perdure, c'est que cela pourrait causer encore des pertes d'emplois».

Ainsi, ces acteurs demandent-ils à l'Etat de soutenir encore une fois ce secteur qui agonise. «Il faut que l'Etat donne encore un coup de main à ce secteur. Sinon, le chômage va s'accentuer. Aussi, la chaine de valeur d'une manière générale va être totalement touchée. Parce qu'aujourd'hui, ceux qui faisaient les ravitaillements au niveau des structures hôtelières et ceux qui faisaient les transports sont tous impactés négativement. Donc, il va falloir que l'Etat essaye encore une fois d'aider la chaine de valeur touristique, sinon ça serait la catastrophe d'ici le mois d'octobre», indique Boly Guèye.

50 milliards et une amnistie fiscale pour booster le tourisme

Le secteur du tourisme est très affecté par la pandémie de la Covid-19. Pour relancer le secteur, le gouvernement a mis en place une ligne de crédit de 50 milliards pour le secteur du tourisme, notamment l'hôtellerie, et décidé une amnistie fiscale de deux ans. L'annonce a été faite au mois de juillet par le patron de l'hôtel King Fahd Palace Mamadou Racine Sy, lors de la réunion de la Fédération des organisations patronales de l'hôtellerie et du tourisme des pays de l'Uemoa.

M. Sy a remercié le gouvernement pour le soutien dès le début de la pandémie en mettant en place un fonds de roulement de 15 milliards. A l'en croire, ce fonds avait permis au secteur touristique d'être résilient. Selon Racine Sy, on ne pourra parler de reprise du tourisme qu'en 2023, tellement le secteur a été affecté par la pandémie de Covid19, d'autant plus qu'on commence à évoquer une troisième vague. Toute chose qui est effective depuis déjà plus d'un mois.

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