Burkina Faso: Libération des prisonniers politiques ivoiriens - Le «Woody» ne désarme pas

Dès son retour à Abidjan le 17 juin 2021 après 10 ans d'absence, il s'était adressé à ses militants en rappelant qu'il était un soldat et attendait la mission qu'on allait lui confier. Le « Woody », guerrier en bété, prévenait en même temps qu'il poursuivrait son combat et qu'il fallait s'y attendre. Depuis sa rencontre avec Alassane Ouattara le 27 juillet dernier au palais présidentiel de Cocody, l'ancien locataire de Scheveningen semble avoir défini ce qui sera la mère de sa guerre.

En effet, à la sortie de cette entrevue avec le chef de l'Etat, il a confié avoir demandé la libération de tous les prisonniers politiques. Et ceux qui croyaient qu'il allait s'arrêter en si bon chemin n'en auront que pour leurs illusions. Le « Woody Gbagbo ne désarme pas. Lundi dernier, lors d'une rencontre avec plusieurs associations d'épouses de militants politiques emprisonnés durant les crises postélectorales, Gbagbo a réaffirmé son « combat » pour la libération des prisonniers politiques. « C'est mon combat », a-t-il martelé devant une centaine de femmes, réunies à Abidjan. Lors de sa rencontre avec Alassane Ouattara, l'ancien président lui avait déjà remis une liste de 110 noms de prisonniers.

Comme on le voit bien, Laurent Gbagbo fait feu de tout bois, quitte à finir par agacer celui à qui il adresse cette requête de libérations.

Certes l'appel à la libération des détenus d'opinion est un impératif dans cette Côte d'Ivoire qui s'est engagée dans un processus de réconciliation nationale, mais de là à dresser unilatéralement une liste de prisonniers que le chef de l'Etat doit libérer, c'est évidemment le meilleur moyen de ne pas obtenir gain de cause. C'est vrai que le président, premier magistrat du pays, dispose du droit de grâce présidentielle. Mais M. Gbagbo gagnerait plutôt à s'inscrire dans la logique de la réconciliation nationale, qui reste la voie royale vers la libération des détenus d'opinion.

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