Madagascar: Antsiranana - La Secren résiste à une tempête

La société Secren, véritable poumon économique du Nord a suffoqué. Ses employés également et ils ont failli lancer une grève.

TROIS mois de salaire non payés par la société Secren. Et cela a impacté la vie sociale de tout son personnel qui doit subvenir aux besoins familiaux, payer les charges fixes mensuelles, préparer la prochaine rentrée scolaire... Les employés affirment qu'ils ont essayé d'être patients, mais la situation devenant alarmante, ils ont utilisé en dernier recours le seul moyen de pression qu'ils connaissent. Ils ont menacé de se mettre en grève si la situation ne se décante pas de sitôt. La tension est montée d'un cran la semaine dernière et leur revendication a pris une autre tournure créant un désaccord entre les employés.

Les manifestants ont donc prévu de descendre dans la rue pour alerter les autorités locales et le pouvoir central en déposant une annonce de grève à la préfecture d'Antsiranana, avec un préavis de soixante douze heures. Mais en raison de la conjoncture actuelle concernant la sécurité, le préfet leur a demandé de détendre la situation et d'être patients en attendant la solution proposée par le gouvernement afin d'éviter toute perturbation possible.

La négociation a porté ses fruits car un paiement partiel de ces arriérés a eu lieu hier, et les employés ont suspendu leur revendication même s'ils ne sont pas tout à fait satisfaits.

Recrudescence

À cause de la crise sanitaire, les salaires de novembre et décembre 2020 n'avaient pas été payés à temps. La Secren S.A était obligée de demander l'aide de l'État.

Ce dernier avait alors payé le salaire de décembre. Selon le directeur général Abel Ntsay, par la suite, la Secren avait prévu le retour des bateaux thoniers étrangers, à majorité espagnole, après le déconfinement. Elle avait ainsi pu payer les arriérés dès le début de l'année. Mais au mois de mars, la pandémie a de nouveau connu une recrudescence, et le problème s'est de nouveau posé. Actuellement, les salaires de novembre 2020 ainsi que de mars et avril 2021 ne sont pas encore payés. C'est la base des revendications des manifestants.

Selon Abel Ntsay bien avant la crise sanitaire, la direction générale a procédé au redressement de la Secren. Il s'agit notamment de la rénovation des infrastructures d'accueil, du bassin de radoub, de la station de pompage... Des progrès ont été constatés et le plan de relance a été soutenu par le gouvernement. Mais il y a toujours un manque à gagner du fait de la fermeture des frontières. Or, les thoniers assurent 80% des chiffres d'affaires de la Secren. Sans parler des autres impacts de la pandémie.

« Les dirigeants de le Secren ont trouvé une solution à travers les navires nationaux, mais les recettes estimées à 20% ne suffisent pas à tout couvrir.» Il a enfin reconnu que le bateau a failli couler à cause de la Covid-19, mais les dirigeants n'ont pas baissé les bras et ont travaillé dur avec foi et patience.

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