Madagascar: J.O. - Passer sur l'essentiel

Le décalage horaire rendant les Jeux Olympiques de Tokyo encore plus lointains, il va bien falloir meubler autrement.

En évoquant par exemple les JO 1988 qui resteront à jamais célèbres pour la fameuse finale du 100 mètres entre Ben Johnson (Canada, 9 secondes 79), Carl Lewis (États-Unis, 9.92) et Linfold Christie (Grande-Bretagne, 9.97). À cette époque sans téléphone portable, ni Internet, nous étions en notre «tanindrazana» Ambohitraina et seule la radio crachotante nous reliait au reste d'un monde suspendu à la plus belle finale qui allait devenir «the dirtiest in history» après la disqualification de Ben Johnson et les soupçons qui pèseront par la suite sur l'icône Carl Lewis.

Légende des Jeux Olympiques, l'Américain Carl Lewis n'aurait pourtant jamais dû aller aux Jeux Olympiques de Séoul, en 1988, car il avait pris trois stimulants : pseudoéphédrine, éphédrine, phénylpropanolamine. C'était une époque où le classement des médailles validait la suprématie d'une idéologie sur l'autre : USA contre CCCP, mais également BRD (RFA, Allemagne de l'Ouest) contre DDR (RDA, Allemagne de l'Est). La guerre froide se prolongeait dans l'évènement sportif le plus emblématique : JO de Moscou boycotté par l'Ouest en 1980, JO de Los Angeles boudé par l'Est en 1984.

À une époque, les professionnels étaient interdits de Jeux Olympiques, laissant sceptique quant à la valeur sportive de l'or olympique dans certaines disciplines comme le basket-ball où les États-Unis furent longtemps représentés par des universitaires, sans les stars de la NBA. En tennis, les meilleurs joueurs de leur époque (Borg, Connors, McEnroe, Lendl, Sampras) ne purent disputer l'or olympique, le tennis n'étant pas discipline olympique avant 1988. Si les podiums olympiques des stars du Tour de France (Carapaz, Wout van Aert, Roglic) légitime le cyclisme à ces JO 2021, ce n'est pas le cas au football réservé aux moins de 23 ans chez les nations phares, interdites d'aligner les Messi et Ronaldo.

Vitrine planétaire, les Jeux Olympiques comptent régulièrement des anecdotes hautement symboliques. L'Afghane Masomah Ali Zada, réfugiée en France et bonne dernière d'une course de 22 kilomètres, mais qui a prouvé contre l'avis des Talibans qu'une femme peut faire du cyclisme. Le judoka iranien Saeid Mollaei, double champion du monde et médaillé d'argent à Tokyo, sous les couleurs de la Mongolie après avoir quitté son pays parce que la fédération iranienne lui interdisait d'affronter des adversaires israéliens.

La prochaine polémique du mouvement olympique concernera le port obligatoire du bikini pour les sports de plage (beach-volley et beach-handball). Sur fond de précision de haute couture, «des bas de bikini ajustés et échancrés, les côtés larges d'au maximum 10 cm», c'est une nouvelle fois le machisme qui se retrouve à l'Index tandis que le féminisme devient l'allié paradoxal de certaines exigences religieuses. Si les joueuses norvégiennes de handball-volley ont été mises à l'amende par pour avoir remplacé le bikini réglementaire par un short au Mondial 2021, les joueuses allemandes de beach-volley avaient refusé de participer à un tournoi au Qatar parce que le bikini leur avait été interdit. L'essentiel est de participer au débat.

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