Afrique du Nord: En toile de fond Maghreb - Après les révolutions, les tensions

3 Août 2021

Onze ans après les révolutions arabes qui ont touché certains pays du Maghreb et du Proche Orient, les tensions semblent encore tenaces et vivaces dans ces zones où l'aspiration démocratique des peuples continue de progresser. Aujourd'hui, presque tous les pays du Maghreb qui ont été touchés par cette vague de contestation et de protestation depuis 2010 ne s'en sont pas remis. Ils voguent entre tensions politiques et économiques, conflits politiques et interétatique ou encore crises sécuritaires et maintenant sanitaire.

Les derniers bruits démocratiques en Tunisie avec les tiraillements au sein de l'appareil d'Etat ne rassurent guère sur la santé démocratique de ce pays qui doit aussi faire face à la crise sanitaire avec la pandémie du coronavirus. En 2010, quand le «Printemps arabe» s'annonçait, cela augurait une nouvelle ère après la chute d'un régime kleptocratique de Ben Ali et de son clan, qui avait fait 23 ans de règne. Aujourd'hui, que ce pays marche vers une transition démocratique en douce, les pressions politiques combinées à des tensions économiques, ont fait revivre des crises démocratiques épileptiques.

Après que la Tunisie a réussi son passage révolutionnaire en 2010, l'enjeu était de surveiller les acquis à naître, d'en être les gardiens. Il reste ainsi beaucoup de chemin à parcourir à la Tunisie pour arriver à une vraie stabilité institutionnelle, garante d'une possibilité d'aller de l'avant économiquement et politiquement. Cette nouvelle «crise» fait que dans ce pays, le poste de Premier ministre est toujours vacant, des arrestations de députés critiques envers le Président de la République sont notées.

Ainsi, une dérive autoritaire du Président Kaïs Saïd est crainte, replongeant la Tunisie dans ses vieux démons. Ce pays avait donné quelques signes d'un rétablissement, mais il semble que ce n'était juste que temporaire avec un risque de sombrer encore dans l'instabilité politique. Si à l'interne, la Tunisie doit faire face à la crise politique et sanitaire, elle doit aussi veiller à ce que les tensions sécuritaires qui sont en veilleuse en Libye, qui lui est frontalière, ne débordent pas.

STABILITÉ-PROSPÉRITÉ. Cet arc de crise politique semble traverser tout le Maghreb avec aussi l'Algérie qui a connu les prolongations du «Printemps arabe» avec le mouvement de contestation Hirak ayant causé la démission du Président Bouteflika, qui était au pouvoir depuis 1999. L'organisation de nouvelles élections a fait replier l'Algérie sur lui-même et aussi a ouvert un nouveau cycle de tension avec son voisin marocain sur l'épineux dossier du Sahara occidental.

Le discours d'apaisement du Roi du Maroc Mohamed VI prononcé ce samedi 31 août 2021, lors de la Fête du Trône, concoure à ouvrir une ère de stabilité dans l'aire géographique du Maghreb qui avec le conflit libyen risque d'avoir un système de conflit propice à l'élargissement du champ d'action du terrorisme islamique. «Vous n'aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc (... ). La sécurité et la stabilité de l'Algérie et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et la stabilité du Maroc», avait assuré Mohamed VI à l'endroit des Algériens.

Ce discours viendra peut-être mettre un bémol entre la crise latente entre ces deux pays avec la fermeture depuis presque trente ans de la frontière terrestre par l'Algérie. Aujourd'hui, que les menaces sécuritaires et les urgences sanitaires n'épargnent pas le Maghreb comme beaucoup de zones de l'Afrique, il est important que la région nord-africaine puisse disposer d'institutions fortes et d'une coopération dynamique entre les pays qui la composent. Ce sont les seuls gages d'une stabilité politique et une prospérité économique durables.

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