Somalie: Candidat à l'élection présidentielle en Somalie - La recette d'Abdihabib Yasin Warsame pour vaincre les Shebabs

3 Août 2021

En séjour au Sénégal, Abdihabib Yasin Warsame, candidat à l'élection présidentielle du 10 octobre en Somalie, souhaite l'implication des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Nord dans la lutte contre le mouvement shebab à travers une mission d'imposition de la paix. Cela permettra, selon lui, d'aider à stabiliser son pays.

Le plus grand défi auquel est confronté la Somalie, c'est comment vaincre le mouvement shebab. Pour y arriver, Abdihabib Yasin Warsame, leader d'un parti politique dénommé Hayaan, estime que la Mission de maintien de la paix de l'Union africaine doit être transformée en une mission d'imposition de la paix. « Plusieurs milliards de dollars ont été injectés dans cette lutte à travers la Mission de l'Ua, mais force est de constater qu'il y a échec. Il faut changer d'approche en mobilisant une force d'imposition de la paix », déclare M. Yasin Warsame qui effectue une tournée dans la sous-région.

Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le responsable politique somalien demande aussi l'élargissement des troupes qui combattent les Shebabs en Afrique de l'Ouest et du Nord, principalement aux Armées sénégalaises, gambiennes, mauritaniennes et marocaines. « Les Shebabs recrutent des jeunes en leur disant que les pays frontaliers veulent imposer le christianisme en Somalie. Il faut donc mobiliser des troupes de pays musulmans africains. Cela va anéantir la ligne de propagande des Shebabs », souligne-t-il. « Le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie et le Maroc partagent avec la Somalie des valeurs religieuses. Ce sont des pays musulmans. Je sais qu'ils seront bien acceptés dans notre pays », déclare Abdihabib Yasin Warsame qui séjourne actuellement au Sénégal.

Le responsable politique demande, en outre, à l'Organisation des Nations unies, à l'Union africaine, au Etats-Unis et à l'Union européenne d'œuvrer à créer une mission d'imposition de la paix. « Des pays voisins nous aident, mais la situation reste entière. Parmi les États qui ont envoyé des soldats, il y en a qui ont des difficultés chez eux. Il nous faut diversifier nos partenaires pour régler une bonne fois pour toute la question de la sécurité », dit-il. « La mission de maintien de la paix de l'Union africaine a été déployée dans le pays pendant 14 ans sans la contribution et le leadership du peuple somalien, et elle a échoué. Il nous faut changer », a-t-il insisté.

Il estime également que le peuple somalien perd de plus en plus confiance dans le mandat de l'Union africaine dirigé par les États frontaliers et l"autorité intergouvernementale pour le développement ( Igad). « Comme de nombreux experts l'ont averti, y compris Kofi Annan, les différences historiques entre la Somalie et les États de première ligne éclipsent la confiance et la cohésion nécessaires pour mener à bien ces tâches avec tout le monde », indique-t-il, citant un rapport d'experts.

Une mission dirigée par le Sénégal

Abdihabib Yasin Warsame propose que la mission d'imposition de la paix soit dirigée par un pays comme le Sénégal, connu pour sa stabilité. Le leader de « Hayaan » indique que l'objet de sa visite en Afrique de l'Ouest et du Nord est de porter à la connaissance des hauts dirigeants des pays visités sa proposition de sortie de crise et de les sensibiliser pour accompagner le processus de stabilisation de la Somalie. Il souligne également qu'il veut solliciter des prières auprès des chefs religieux pour la réussite de ses ambitions.

L'acteur politique dit être ouvert au dialogue avec les Shebabs. « Si nous parvenons à avoir le soutien des pays de l'Afrique de l'Ouest, nous privilégierons le dialogue avec les Shebabs en leur expliquant que ce sont des musulmans qui sont venus nous assister. Une telle approche pourrait aider », assure tout en insistant sur le renforcement de l'autorité de l'État s'il est élu Président de la République.

Titulaire d'un Doctorat en Sciences politiques et enseignant aux États-Unis, Abdihabib Yasin Warsame a vécu pendant plus de 20 ans au pays de l'Oncle Sam. En tant que consultant international, il affirme avoir collaboré avec des institutions internationales. C'est pourquoi il dit avoir capitalisé beaucoup d'expériences qui lui permettent de briguer les suffrages de ses compatriotes, en s'appuyant notamment sur les jeunes et les femmes. « La Somalie est confrontée à de nombreux défis tant au niveau national qu'international. L'administration actuelle n'a pas aidé le peuple. Le pays a besoin d'une nouvelle voie pour faire face aux défis futurs. Je suis prêt à relever ces défis avec tous les fils du pays », lance-t-il.

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