Sénégal: And Gueusseum repart au front avec un sit-in - Mballo Dia Thiam et cie pour le respect de leur plateforme revendicative

Après près d'une année d'accalmie dans le secteur, l'Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (Asas) Sutsas-Sud Tm-Sat Santé/D-Cnts/ Santé dénommé And Gueusseum reprend le chemin des revendications. Les travailleurs du corps médical affiliés à ces syndicats ont décidé de se faire entendre afin d'améliorer leurs conditions de travail mais aussi leur statut.

Selon les camarades de Mballo Dia Thiam et de Sydia Ndiaye, ils comptent démarrer leurs manifestations ce mercredi par un sit in avec port de brassard, de casquettes rouges au district centre Gaspard Kamara à partir de 10h. Ils l'ont fait savoir hier, mardi 3 août au cours d'un point de presse tenu à leur siège à Dakar. Marquée par une période de troisième vague du coronavirus foudroyant qui secoue le pays depuis le mois de mai, l'alliance des syndicats autonomes de santé se dit motivée par «l'immobilisme du ministre de la santé et de l'action sociale».

Ainsi, rappelle Mballo Dia Thiam secrétaire général du Sutsas, «dans son combat permanent pour un système de santé et d'action sociale cohérent, performant, résilient motivant et mobilisateur, plus préventif que curatif, And Gueussem déplore la verticalité de la prise en charge de la Covid-19 noyée dans un discours populiste, d'approche communautaire, sans contenu réel et dépourvue de moyens de lutte conséquents et idoines».

A cet effet, l'alliance a estimé que le personnel de santé au cœur de la lutte Covid est laissé en rade par rapport aux motivations. Sur ce point, Mballo Dia Thiam a avancé : «Asas, tout en appréciant très positivement les énormes investissements en infrastructures et en équipements visant à combler les déficits, considère que les ressources humaines du ministère de la santé et de l'action sociale ne doivent plus se nourrir que d'honneur dans cette guerre sans précédent et méritent un meilleur sort que celui qu'elles vivent, la mort dans l'âme».

Revenant sur les (07) milliards de primes de Covid-19 perçus par les agents de santé et annoncé par le ministre Abdoulaye Diouf Sarr, M. Thiam a renseigné : «d'ailleurs même si cela était exact, que représentent 07 milliards (à peine 05 %) sur les 105 milliards dédiés à la lutte, sinon une aumône à la limite qui divise le personnel des collectivités territoriales, de l'institut Pasteur et de Hôpital Principal de Dakar entre autres... ».

LES MOTIVATIONS DE GREVE

Selon And Gueusseum, en dehors de la première réunion avec le Directeur général de la Fonction publique tenue le 21 mai dernier, aucune autre rencontre sectorielle ne s'est tenue en dehors de celle provoquée par le DRH du ministère de la santé et de l'action sociale qu'elle considère comme «sans suite».En plus, les camarades de Mballo Dia Thiam ont estimé : «depuis l'adoption du décret portant régularisation de la situation administrative des Techniciens supérieurs de santé (Tss) le 05 mai 2021, le Ministre de la santé traîne les pieds pour la prise de l'arrêté ministériel qui doit organiser la formation complémentaire de ces Tss en vue de leur reclassement». Et de poursuivre : «au même moment, l'Ecole Nationale de Développement Sanitaire et Social (Endss) vit dans un statuquo incompréhensible du fait d'une guéguerre chronique entre le Cabinet du ministère, la direction de l'Endss et la direction des ressources humaines du MSAS au point qu'aucune perspective de formation initiale des infirmiers d'Etat et des Sages-femmes d'Etat ne pointe à l'horizon surtout avec l'absence de quotas cette année de même que les filières en Master».

Face à ce constat, And Gueusseum a déploré : «les engagements sans suite du directeur des ressources humaines du MSAS sur l'augmentation de l'indemnité d'itinérant, la formation des Assistants infirmiers et fustige l'imbroglio dans les examens de sortie dans les filières infirmière et sage-femme, la réforme du Comité de Développement Sanitaire (Cds) de même que l'indigence de l'inspection des écoles de formation en santé dont son département est entièrement responsable». «Et quid des dernières cohortes de formation e-learning des infirmiers et sages-femmes en souffrance à cause d'un gap de financement accusé avec Amref ?», s'interroge-t-il.

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