Centrafrique: Plus de 80.000 enfants menacés de malnutrition aiguë

Mal-nutrition

C'est ce qui ressort d'une étude menée par des partenaires de la Centrafrique. Il s'agit là d'une des conséquences de l'insécurité dans le pays.

En Centrafrique, les combats poussent les populations dans la misère et la famine. Plus de 80.000 enfants sont menacés de malnutrition aiguë sévère selon le G5+, un groupe d'Etats et d'institutions internationales partenaires de la République centrafricaine (Nations unies, Union africaine, CEEAC, Union européenne, France et Etats-Unis).

A Yatimbo, à 80 kilomètres de Bangui, la capitale, de nombreux enfants souffrent de malnutrition. Ici, comme partout dans le pays, ces populations sont prises en charge par des ONG telles que Alima, Action Contre la Faim et bien d'autres organisations non étatiques.

Dépassé par le nombre de cas de malnutrition aiguë sévère, l'unique centre de référencement qui accueille des enfants n'a pas d'autre choix que de procéder à un tri. Le docteur Marie Collette Nganda est pédiatre, cheffe d'unité de la malnutrition.

"Au niveau du complexe pédiatrique, nous ne recevons que des enfants qui présentent un tableau de malnutrition aigüe sévère avec des complications. C'est à dire ceux qui ont une malnutrition aigüe sévère de deux types : de type marasme et de type kwashiorkor mais avec des complications telles que la fièvre, la diarrhée, la déshydratation, l'anémie et les différentes maladies qui s'ajoutent à la malnutrition. Ce sont ces cas qu'on prend en charge au niveau du complexe pédiatrique de Bangui", explique Marie Collette Nganda.

Plan d'urgence de la Banque mondiale

Marlus a failli perdre son enfant de dix mois à cause de la malnutrition. Après une prise en charge, elle est heureuse de voir son enfant reprendre de l'énergie.

"L'enfant avait commencé à faire de la fièvre et puis il avait de la toux. C'est après examen qu'on a su que c'était de la malnutrition. On lui a donné du lait et administré du sérum et il a repris. Je suis très heureuse" dit la dame.

Mais cette joie de Marlus n'est pas forcément celle partagée par des milliers de parents à Bangui et à l'intérieur du pays. La Banque mondiale, préoccupée par la situation, a injecté 27 milliards de francs CFA pour financer un plan d'urgence contre l'insécurité alimentaire. Han Fatres, représentant résident de la Banque mondiale.

"Aujourd'hui, nous vivons en Centrafrique une crise qui a créé une situation inacceptable pour le pays. Vous savez qu'en avril cette année, il y avait 47% de la population centrafricaine, ça veut dire les hommes, les femmes et les enfants, qui souffrait d'insécurité alimentaire. Cela veut dire qu'ils ne savaient pas le matin s'ils auraient suffisamment à manger le soir. Aujourd'hui, c'est 57 % de la population qui est dans cette situation, soit 10 % d'augmentation en trois mois", estime le représentant résident de la Banque mondiale.

Six préfectures sur vingt sont concernées par ce plan d'urgence. En attendant, chaque jour, des enfants meurent par manque de moyens face à cette crise.

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