Congo-Kinshasa: L'entrepreneuse Mifi Muanda MMK arrive de Paris et se lance dans la peinture à Bandal

interview

«Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi mais demande-toi plutôt ce que tu peux faire pour ton pays », disait le 35ème Président des Etats-Unis, John Fitzgerald Kennedy.

Pendant plus de vingt ans, elle a vécu sur le territoire européen, à Paris. Elle est membre de la diaspora congolaise en France. Elle est une jeune entrepreneuse qui revient investir dans le pays de ses ancêtres, la République démocratique du Congo. Elle est une fervente chrétienne et une femme dynamique décidée à matérialiser le slogan « Bandal c'est Paris ». Elle, c'est Mifi Muanda qui extériorise le sens de la beauté à travers la peinture, son domaine de prédilection. Sa nouvelle entreprise, MMK Power Color, est implantée dans sa commune natale, Bandalungwa (Bandal), depuis le 26 juin 2021. Sourire aux lèvres, cette businesswoman s'est exprimée à cœur ouvert dans l'interview exclusive à découvrir, ci-dessous.

Entretien

Qui est Mifi Muanda MMK ?

Mifi Muanda : Je suis une femme, une maman, une sœur, une grande sœur, une voisine. Je suis née dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, capitale de la RD Congo. Ça fait plus de vingt-ans que je vis en France. J'ai trois enfants : Kevin, Noé Béatrice et Victor. J'ai fait mes premiers pas scolaires aux Joyeux Lutins toujours à Bandal. Mes parents sont aussi de Bandal. Mon papa, Firmin Muanda Nela, vit pour le moment au Gabon où il est Directeur en import-export et ma maman, Béatrice Lukula Laba, a quitté cette terre des hommes en 2002. Paix à son âme. En France, j'ai suivi une formation hôtelière. J'ai un BAC+4. Etant donné que je m'ennuyais en hôtellerie, j'ai basculé dans la restauration. Là j'étais encore dans mon élément. Car j'aime recevoir et concocter des petits plats. Raison pour laquelle il y a un snack à côté de ma salle de peinture à Bandal.

Pourquoi avez-vous fait une salle de peinture à Bandal ?

MMK : Ça c'est le plan de Dieu. Et on ne peut pas détourner le plan de Dieu. Car quand j'ai voulu faire ce projet, j'avais demandé qu'on me trouve une salle à Kinshasa, peu importe. Mais pendant des mois, mes proches n'ont pas trouvé ce bâtiment. Au finish, c'est à Bandal sur avenue Biabu-Ouest dans le quartier Adoula dit « Mondo Mondo » qu'un espace a été trouvé pour implanter mon entreprise. Donc, je suis retournée à la source. Voilà.

MMK Power Color, était-ce une vision ?

MMK : Comme je viens de le dire, ma vision ne venait que de Dieu. Pour la petite histoire, je voulais vendre des perruques en couleur. Et je me disais que je vais appeler cela MMK Power Color. Je me souviens exactement où je me trouvais ce jour-là. De fil en aiguille, je vendais des perruques. Et quand j'ai reçu une autre vision de Dieu, c'était cette fois-là la peinture. Passer de perruques en couleurs en peinture de voiture, j'étais donc destinée aux couleurs. J'ai réalisé ce projet en deux voyages. Ce n'était pas facile. Le chantier avait débuté au mois de mai et le 26 juin 2021 c'était l'inauguration. Beaucoup de gens me félicitent. Allez au plus profond de vous et vous trouverez de quoi vous êtes vraiment destiné. C'est tout ce que je peux leur dire.

Pourquoi MMK et aussi un snack ?

MMK : C'est parce que je m'appelle Mifi Muanda et je m'étais dit que tous mes enfants porteraient chacun un nom commençant par un K. Mon premier fils s'appelle Kevin. Comme je l'ai dit, la restauration c'est ma vocation. C'est pourquoi j'ai placé, juste à côté de la salle de peinture, un snack où l'on peut manger mes plats au bout de la main quand on est pressé, accompagné d'une épicerie, des champagnes, des gâteaux, des parfums, des sacs, du thé, du café, etc. Il y a aussi des tubes pour allumer de la braise sans aucun danger. MMK Power Color met la peinture sur des voitures, des bus et motos.

Avez-vous un appel à lancer à vos compatriotes congolais ?

MMK : Avec l'expérience que j'ai vécue dans ce chantier, j'encourage mon peuple pour qu'il y ait vraiment du sérieux au travail. Les Congolais connaissent beaucoup de choses, sont très compétents mais il y a un manque de sérieux. Certes, il y a des exceptions. Je souhaite qu'on instaure un système de contrat. Parce que toute personne doit s'engager à ce qu'il fait. Je souhaite qu'il y ait plus de femmes de valeur. Mon ex-patron me disait : « Mifi, tu es née pour diriger. » Raison pour laquelle j'ai décidé de mettre sur pied quelque chose de stable dans mon pays. Il y aura d'autres MMK et partout dans le monde. C'est Dieu qui éclaire, c'est Dieu qui élève.

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