Cote d'Ivoire: Patricia, cordonnière

La jeune femme est la première cordonnière du pays. Elle a réussi à se faire une place dans une profession qui était jusqu'alors le monopole des hommes.

Elle s'appelle Patricia Paule Camille Yapo et elle a à peine 26 ans. Au décès de son père, Patricia Paule Camille a dû concilier étude et apprentissage du métier de cordonnière, ou "bottière", comme on dit en Côte d'Ivoire. Mais très vite, l'envie de se prendre en charge va la contraindre à abandonner ses études pour se consacrer à cet emploi, d'ordinaire réservé aux hommes.

"Je faisais l'école et j'apprenais le métier en même temps. Jusqu'à ce que je puisse abandonner totalement l'école pour venir apprendre le métier rapidement. J'ai arrêté les études en deuxième année de comptabilité. Il n'y a pas de sot métier et puis ce n'est pas seulement dans les études qu'on réussit", estime la jeune femme. "Si je prends réellement mon métier au sérieux, je peux avoir beaucoup de magasins un peu partout et même avoir des marchés à l'intérieur du pays."

Tendre la main aux jeunes

Aujourd'hui, Patricia Paule Camille est installée à son compte sur le parking de son bâtiment. Malgré son local de fortune, Patricia Paule n'a pas hésité à tendre la main à des jeunes qui veulent aussi apprendre le métier de fabricant de chaussures.

"Pour le moment, j'ai cinq apprentis. Il y a deux femmes et trois garçons. Il y en a deux qui sont venus aujourd'hui. Il y en a un qui a son enfant qui est malade et deux autres qui sont en train de préparer leurs examens scolaires".

Parmi ces apprentis, Lynda, étudiante en communication et Judith, une jeune fille mère. Toutes les deux ont été fascinées par la volonté de Patricia Paule Camille dans le travail. Patricia est devenue un modèle de courage pour ces deux jeunes femmes.

"Moi, je viens de Yopougon pour venir apprendre auprès d'elle. Vraiment ce n'est pas facile. Mais du moment où Patricia, qui est une jeune fille comme moi, arrive à s'en sortir avec ce métier, j'espère qu'un jour, moi aussi je vais arriver à être comme elle", raconte Lynda.

"Je suis venue apprendre la cordonnerie, je suis son apprentie. Patricia est serviable mais elle ne joue pas avec le travail", estime Judith.

Le rêve d'un centre de formation

Pour motiver ses apprentis, Patricia Paule Camille leur transmet son expérience ainsi que l'amour du travail bien fait.

"Il faut être vraiment perfectionniste dans ce que tu fais. Parce que si tes finitions ne sont pas bien faites, tu auras des problèmes. Ce n'est vraiment pas facile mais si tu y mets ton cœur, si tu aimes ce que tu fais, je pense que tu peux y arriver."

Face aux nombreux jeunes qui la sollicitent pour se former au métier de bottier, Patricia Paule Camille Yapo rêve d'ouvrir un centre de formation. Mais pour cela, elle a besoin d'un soutien financier afin de l'aider à réaliser ce projet.

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