Afrique: Coopération - Israël salue son statut d'observateur à l'UA

La décision de l'organisation panafricaine d'accueillir l'Etat hébreux comme observateur en son sein suscite des réactions divergentes à travers le monde. Sur le continent africain, si certains pays désapprouvent cette mesure, plusieurs autres au contraire l'accueillent favorablement. Ces derniers y voient une occasion pour développer une coopération pour l'intérêt des deux parties.

Israël a retrouvé le statut d'observateur à l'Union africaine (UA), qu'il réclamait depuis des années, une victoire diplomatique, après avoir été tenu à l'écart pendant deux décennies, notamment depuis la transformation de l'Organisation de l'unité africaine en UA en 2002. La Palestine bénéficie déjà de ce statut d'observateur à l'espace communautaire africain, où elle compte d'importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

A la suite de cette reconnaissance, l'ambassadeur israélien, Aleli Admasu, a présenté, le 22 juillet, ses lettres de créance au président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, selon des communiqués de l'organisation panafricaine et de la diplomatie israélienne. La nouvelle de cette percée diplomatique menée par l'ancien Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui vient de se réaliser sous la houlette de son successeur, Naftali bennet, est vivement saluée par les autorités israéliennes et des pays amis.« Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d'Israël », s'en félicite dans un communiqué le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid.

Le nouveau statut va permettre à Israël et à l'UA de coopérer plus étroitement dans la lutte contre le coronavirus et la prévention « de la propagation du terrorisme extrémiste » sur le continent africain, selon l'exécutif israélien. Il va aussi consolider les relations que l'Etat Hébreux entretient avec 46 Etats africains ainsi que des « partenariats de grande ampleur et des coopérations dans de nombreux domaines, y compris le commerce et l'aide », souligne-t-on.

Pour retrouver son poste d'observateur au sein de l'UA, Israël a durement travaillé sa diplomatie avec l'Afrique ces dernières années. A titre d'illustration, Tel-Aviv avait obtenu en 2016 le soutien de plusieurs pays africains, dont le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Zambie, le Malawi et l'Ethiopie.

L'Etat hébreux travaille dur dans plusieurs pays africains

Les dirigeants de ces Etats avaient affiché cette volonté à Benjamin Netanyahou lors d'un mini-sommet régional sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme organisé à Kampala, en Ouganda. A cette occasion, les pays concernés avaient promis de « restaurer Israël en tant qu'Etat observateur auprès de l'Union africaine ». « Israël travaille très dur dans plusieurs pays africains. Il n'y a aucune raison de lui dénier ce statut », indiquait, par exemple, le Premier ministre éthiopien d'alors, Hailemariam Desalegn.

L'année suivante, soit en 2017, les autorités israéliennes sont parvenues à obtenir du Togo l'organisation d'un sommet Afrique-Israël, qui fut malheureusement reporté puis annulé sous la pression de plusieurs pays africains peu enclins à discuter avec l'Etat hébreu. Parmi ces pays figurent l'Algérie, la Mauritanie, la Tunisie, l'Afrique du Sud, le Nigéria et le Maroc qui s'est depuis ravisé et normalisé ses relations avec Israël.

Notons, par ailleurs, le rôle qu'a joué Aliza Bin-Noun, directrice générale adjointe des affaires africaines au ministère israélien des Affaires étrangères dans le processus de rapprochement Etat Hébreux-UA : elle a réussi à obtenir récemment des soutiens assez inattendus, car, outre les Américains, Israël a passé des accords avec le Soudan et le Maroc, qui sont devenus ses alliés inconditionnels au sein de l'organisation continentale.

Consternés par le statut conféré à Israël, le Mouvement de résistance islamique palestinien (Hamas), l'Algérie, l'Afrique du Sud, pour ne citer que ces exemples, disent s'opposer carrément à cet acte. Dans une déclaration rendue publique, le 28 juillet, le ministère des Affaires étrangères sud-africain dénonce une décision « injuste et injustifiée » de la commission de l'UA, prise « unilatéralement, sans consultation de ses membres ». Sans citer Israël, le ministère algérien des Affaires étrangères estime que « cette décision n'a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs, principes et objectifs consacrés dans l'Acte Constitutif de l'Union africaine ».

Ces condamnations sont prononcées alors que le président de la Commission souligne que l'UA « a été très claire sur sa position selon laquelle, dans la question de la Palestine et d'Israël, une solution à deux Etats est nécessaire à une coexistence pacifique ».

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X