Sénégal: Inscription sur les listes électorales, en vue des locales - Un consensus, dernier recours des primo-votants

L'obstacle à l'enrôlement massif des primo-votants que constitue la conditionnalité de présentation de la carte d'identité pourrait bel et bien être contourné comme le demande les responsables de l'opposition. Selon un professeur agrégé en droit public, rien n'empêche au président de la République de revenir sur son premier décret en signant un nouveau autre acte réglementaire afin de changer les critères d'inscription pour les jeunes s'il y a un consensus sur cette question.

Lancées la semaine dernière, les opérations de révision exceptionnelle des listes électorales en perspective prochaines élections municipales et départementales du 23 janvier 2022, sont encore loin de drainer une foule.

Prévue dans la période du 31 juillet au 14 septembre 2021, cette campagne d'inscription sur les listes électorales est marquée cette année par une particularité qui risque de ne pas faciliter le processus d'enrôlement des jeunes sénégalais qui doivent avoir 18 ans révolus au moins à la date du 23 janvier 2022.

En effet, selon les dispositions du décret n°2021- 976 du président de la République relatif au démarrage de cette procédure de révision exceptionnelle des listes électorales, l'enrôlement se fera «sur présentation exclusive de la carte d'identité biométrique Cedeao». Une situation qui risque de laisser en rade cette franche importante de la population sénégalaise qui n'a qu'un petit délai de 40 jours pour se procurer une carte d'identité dont les délais de délivrance sont généralement étalés sur une période de 30 jours voire plus.

Toutefois, interpellé sur la demande formulée par les responsables du Front de résistance nationale (FRN) qui sont montés au créneau pour demander au gouvernement de prendre une mesure transitoire exceptionnelle qui permettrait à ces primo-votants de pouvoir s'inscrire sur les listes électorales avec un extrait de naissance et un certificat de résidence, un professeur agrégé en droit public sous couvert de l'anonymat a validé la faisabilité de la requête de l'opposition. Selon lui, du point de vue du droit, rien n'empêche à l'autorité de prendre une telle mesure.

Poursuivant son argumentaire, il a précisé que le seul un désaccord entre acteurs politiques pourrait entraver la mise en œuvre d'une telle mesure. « On est à moins de six mois des élections, sur la base d'un consensus entre acteurs politiques, le président pourrait bien prendre un nouveau décret visant à modifier les critères fixés dans le premier document et permettre ainsi à ces nouveaux jeunes de pouvoir s'inscrire sur les listes électorales avec un extrait de naissance », a souligné notre source. Il faut dire que sur la base de cet argumentaire, la balle est donc dans le camp du président de la République.

Le chef de l'Etat est le seul aujourd'hui à pouvoir délier ce nœud que représente la condition de présentation de carte d'identité à l'inscription des jeunes. Maintenant, va-til le faire, difficile de répondre par l'affirmatif surtout si on s'en tient aux derniers événements du mois de mars et la sortie du professeur en Science Politique de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), Ibou Sané.

En effet, interpellé par Sud quotidien sur cette problématique d'inscription des jeunes sur les listes électorales, l'enseignant chercheur avait laissé entendre, «qu'aujourd'hui, si tous les jeunes s'étaient inscrits sur les listes, si tous les jeunes votaient, ils tiendraient tous les gouvernements entre leurs mains. Mieux, les gouvernements feraient exactement ce que la jeunesse veut. Notamment, en matière d'emploi, d'insertion professionnelle, même sur leur avenir. Les jeunes auraient pu peser de tout leur poids sur le devenir de ce pays».

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