Cameroun: Transactions économiques - Le déficit persiste

Constat fait lors de la session du comité technique national de la balance des paiements présidée hier à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

Le voile est désormais levé sur les résultats de la balance des paiements (ensemble des transactions économiques entre un pays et le reste du monde) du Cameroun pour les exercices 2018, 2019 et 2020. Ils ont été dévoilés hier à Yaoundé, au cours d'une session du comité technique national dédié, sous la présidence du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. L'objet de cette rencontre était l'examen et la validation des résultats des balances des paiements des années 2018 et 2019 et la présentation des résultats provisoires de 2020.

Au cours de ces périodes donc, il ressort globalement que la balance des paiements est restée équilibrée. Par contre, le compte courant qui est composé de la balance des biens, des services auxquels s'ajoutent la balance des revenus primaires et secondaires, est déficitaire. Le déficit s'est creusé encore en 2019 par rapport à 2018. En 2018 par exemple, le déficit du compte courant était de 3,6% du Produit intérieur brut (777,6 milliards de F), s'est aggravé à 4,4% en 2019 (992 milliards de F) et est projeté à 4% en 2020, soit 872 milliards de F.

Dans le détail, après une augmentation de 11,5% en 2018, les importations se sont accrues de 13,3% en 2019 pour se situer à 3 856,9 milliards de F, du fait de la hausse des achats de carburants et lubrifiants (+251,2 milliards), de céréales (+111,7 milliards de F), d'huiles brutes de pétrole (+47 milliards), etc. Du côté des exportations, on note aussi une hausse de 13,3% en 2019 par rapport à 2018, pour s'établir à 2 392,8 milliards de F, en raison notamment de l'augmentation des ventes des produits de base tels que les huiles brutes de pétrole, le gaz naturel liquéfié, le cacao brut en fèves, le coton brut. En ce qui concerne les bois bruts, les carburants et lubrifiants, tout comme l'aluminium brut et le caoutchouc brut, la tendance est à la baisse.

Par ailleurs, pour ce qui est du déficit des services, il s'est accentué pour plafonner à 431,6 milliards de F en 2019, contre 324,3 milliards un an avant. Dans le registre des financements extérieurs, le Cameroun a enregistré des entrées nettes de 1 102,8 milliards en 2019, soit un accroissement de 155,3 milliards de F par rapport à 2018. Ces déficits s'expliquent principalement par la forte dépendance de notre économie aux importations de biens et services, lesquelles ne sont pas compensées par les exportations.

Pour ce qui est de l'année 2020, le déficit du compte persiste, même s'il est moins important qu'en 2019. Concrètement, le déficit du compte courant se situe à 872 milliards de F, soit 4% du Produit intérieur brut. Ce, à cause des mesures restrictives prises sur le plan mondial dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Lesquelles ont entrainé une baisse importante des importations des biens et services comparé aux exportations au Cameroun.

Face à cette situation, le gouvernement a identifié des mesures pour changer la donne. Il s'agit de la conclusion du nouvel accord avec le FMI qui va permettre de recevoir 375 milliards de F, le développement de la politique d'import-substitution, entre autres.

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