Afrique: Gestion exemplaire de la Covid-19 dans le monde - La Chine montre la voie

La seconde vague de la pandémie de Covid19 est en train de toucher de plein fouet le monde entier, obligeant les Etats à multiplier les réponses politiques et autres mesures restrictives. Mais, la situation ne semble pas être la même partout, surtout en Chine où la deuxième vague est quasi inexistante dans ce pays asiatique. Un pays d'où serait partie la première vague.

L'épidémie du Covid-19 a démarré sur le territoire chinois, en fin 2019. Frappée d'une façon subite, la Chine a alors réagi très fortement : mise en quarantaine stricte des zones gravement touchées avec interdiction totale de sortir du domicile (durant 76 jours à Wuhan, le berceau de l'épidémie), fermeture des entreprises, interdiction stricte de déplacements entre les villes et les provinces, contrôles quotidiens de la température corporelle, etc.

Cette réponse radicale représentait un pari : celui de tout mettre en œuvre pour endiguer cette épidémie, quitte à sacrifier momentanément le développement économique du pays, afin de ne pas en souffrir à long terme.

Au-delà de cette réponse politique radicale, le gouvernement chinois était confronté à deux défis majeurs : une maladie inconnue qui menaçait de décimer sa population et une vague de voix en ligne qui racontait au monde ce qui se passait. Mais fin 2020, un coup d'œil sur les médias contrôlés par l'État chinois montre que les deux semblent être sous contrôle.

En effet, dans une tribune de la BBC, deux journalistes de la chaine Britannique, Kerry Allen et Zhaoyin Feng, sont revenus sur les censeurs digitaux du gouvernement du pays qui ont travaillé plus dur que jamais pour réprimer les informations négatives, sur les citoyens qui ont réussi à franchir la grande muraille de feu et sur la façon dont la machine de propagande a réécrit l'histoire. Ils racontent qu'au début de l'année 2020, des milliers de messages d'indignation publique sont apparus sur les médias sociaux chinois, demandant si les gouvernements locaux couvraient un autre virus de type Sars-.

Alors que les censeurs du gouvernement coupent régulièrement les messages antigouvernementaux sur des plateformes comme SinaWeibo, ils étaient d'un tel volume que beaucoup sont restés visibles. Plus tard, lorsque Pékin a mis en place une stratégie de propagande, ces informations ont été étouffées.

Au décès Li Wenliang devenu internationalement connu comme le médecin "dénonciateur" qui a tenté de mettre en garde ses collègues contre un virus de type Sars-, le 7 février 2020, plus d'un million d'utilisateurs se sont adressés à SinaWeibo pour lui laisser des messages de soutien sur son profil, que beaucoup ont qualifié de "mur des lamentations" de la Chine. Cependant, les messages ont été périodiquement effacés, selon eux, à la grande frustration des gens. Les deux journalistes ont montré comment la Chine a voulu marquer son succès dans la lutte contre le coronavirus, en tentant d'éradiquer les preuves de mécontentement, notamment chez les jeunes. Ils ont cité, entre autres, des protestations éclatées sur les campus de tout le pays, les universités rationnant l'accès à Internet et les heures de douche, en raison de la soudaine surcapacité. Aujourd'hui, la vie en Chine est revenue à la normale.

La gestion de la Covid19 a trouvé une place discrète au quotidien, grâce à des tests de température corporelle, des masques encore obligatoires dans les transports en commun et des laissez-passer connectés aux smartphones.

Pour le moment, chaque individu est tenu de s'enregistrer dans une ou plusieurs applications (municipales et/ou nationales) indiquant son niveau de risque sanitaire, et retraçant parfois son itinéraire des quatorze derniers jours, associé à un QR Code de couleur.

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