Sénégal: Souriez, c'est jeudi !- Covid, Macky, une main qui tremble

analyse

Certains sénégalais se considèrent-ils immortels ou sont-ils immatures et inconscients ? L'état sénégalais joue-t-il pleinement son rôle ?

La crise sanitaire qui perturbe le fonctionnement mondial et crée une psychose à l'échelle de la planète ne semble pas préoccuper outre mesure certains de nos compatriotes.

Pourtant, en mars 2020, le Président de la République Macky Sall avait pris des décisions radicales qui ont permis de freiner la progression de la pandémie. L'exemple du Sénégal était cité en référence par différents médias internationaux.

L'état sénégalais avait pris à bras le corps la situation, malgré l'absence d'un important taux de positivé. Les sénégalais se sont néanmoins accommodés à la situation, malgré leurs conditions de vie inadaptées au respect des gestes barrières, le port de masques dans un pays avec des températures parfois caniculaires.

Depuis le mois de juin 2021, le nombre de contaminés est devenu préoccupant. En moyenne, plus de 30% de personnes testées sont positives. La responsabilité de cette situation est attribuée au Président de la république qui a fait une tournée économique en pleine pandémie. Il est vrai que la télévision d'Etat nous a montré sur tous les plans un public sans masques accueillant Macky SAll.

C'était une communication par l'image qui s'inscrit dans une démonstration du Président, adulé par son peuple, malgré les événements de mars 2020 qui ont fait 10 morts. L'indiscipline notoire des sénégalais, la manifestation de l'opposition sont également nommées comme vecteurs de développement de la pandémie. Nous pouvons dire que le degré de responsabilité n'est pas le même, car le Chef de l'Etat doit montrer l'exemple. Il ne peut pas dire : « Faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais ».

Une question s'impose à nous : Pourquoi le Président de la République, malgré l'appel des médecins et des soignants, ne prend pas de décisions adaptées et courageuses face à la crise actuelle, alors que la situation est beaucoup plus grave que celle de mars 2020 ? Craint-il la réaction de la population ?

Les français, « gaulois réfractaires » (nom donné par leur Président Macron) doivent se soumettre aux décisions difficiles, sous peine de sanction, de perdre leur emploi ou d'interdiction d'entrer dans certains lieux publics. Pourtant, ils sont beaucoup plus véhéments à l'égard de la vaccination. La main de Macky Sall tremble par peur de défiance de nos concitoyens et de certains religieux.

La télévision d'Etat, par diversion, nous montre les réalisations du Président de la République pour nous faire oublier ces durs moments que vivent les sénégalais. Par ailleurs, la vaccination a démarré très doucement, suite à une communication désastreuse du chef de l'Etat.

En effet, ce dernier n'a pas tenu compte des différentes craintes légitimes d'une population qui ne disposait que du vaccin chinois non homologué et d'un autre, « Astrazenica, très décrié. Notons également la bélénophobie (peur des aiguilles) qui est réelle au Sénégal. Rappelons que le chef de l'Etat avait déclaré que si les sénégalais ne voulaient pas se vacciner, il donnerait les doses aux pays de la sous-région. Cette intervention a donné l'impression que les citoyens étaient libres d'être infectés. Une minorité d'activistes sénégalais a envahi certaines rues de Dakar avec certains tags indiquant : « Occident, votre vaccin, mettez-vous dans le fion ».

Tous les ingrédients étaient réunis pour que nous arrivions à cette catastrophe annoncée. Certains sénégalais continuent à défier le virus, sans tenir compte de sa gravité : les cars sont bondés de citoyens sans masques, les représentants de l'état ne montrent pas l'exemple, les religieux semblent perdus. Les décisions de fermetures de frontières, de circulation interurbaine, de lieux accueillant du public ne sont pas encore à l'ordre du jour. Macky a-t-il peur de la défiance de la population, notamment des jeunes ?

Le syndrome de mars 2020 est encore vivace. Cependant, les deux situations sont incomparables car, nous sommes réellement face aux drames humains et à la mort qui nous guette tous les jours. Les sénégalais sont livrés à eux-mêmes, car leur chef refuse de prendre des décisions impopulaires, pourtant nécessaires à leur survie.

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