Sénégal: Gratuité de l'oxygène dans les cliniques privées - La mayonnaise tarde à prendre forme

L'opérationnalisation de la gratuité de l'oxygène n'est pas encore effective dans les cliniques privées. C'est du moins le constat que nous avons fait dans plusieurs cliniques de Dakar, 24 heures après l'annonce mardi dernier du ministre de la Santé et de l'action sociale du Sénégal, Abdoulaye Diouf Sarr. Selon plusieurs médecins, ils s'en sont procurés à leurs frais. Ce qui va se répercuter sur la facture du malade qui avait approuvé mardi un ouf de soulagement.

A l'annonce de la gratuité de l'oxygène dans les cliniques privées, beaucoup de malades ainsi de leurs familles se sont réjouis. Un ouf de soulagement pour ces derniers qui devaient débourser des centaines de milliers de francs pour une prise en charge médicale. D'autres par rapport à la complexité de leur maladie sont devenus dépendants de cet oxygène qui doit leur permettre d'allonger leur vie sur terre.

Hier, un tour et des appels téléphoniques dans quelques cliniques de la place, nous ont permis de nous rendre compte que l'annonce faite par le ministre de la santé Abdoulaye Diouf Sarr n'a pas eu d'effets immédiats. Les cliniques continuent de se procurer le liquide précieux à leurs frais, tout en espérant que la mesure sera très vite effective pour le bien des malades. Docteur Oumar Konaté de la clinique Marie avance : « jusqu'à mardi, j'ai acheté de l'oxygène pour mes malades. Je vais en procurer ce jeudi, on verra si l'effectivité sera là ou pas ».

Dans d'autres cliniques de la place, le personnel soignant nous renseigne que l'oxygène est toujours vendu et la gratuité n'est pour le moment qu'un effet d'annonce. A Dieuppeul, l'on nous signale aussi que le liquide précieux a été acheté. « Nous avons acheté aujourd'hui de l'oxygène. On a eu la nouvelle comme tout le monde d'ailleurs mais n'avons pas reçu de notification qui détermine que l'oxygène est gratuit dans le privé », a déclaré un médecin qui a préféré garder l'anonymat. Au niveau des familles, les soutiens aux malades s'inquiètent. Pour eux, l'annonce du ministre mardi dernier reste effective.

Seulement ils devront prendre leur mal en patience pour quelques jours ou semaines. « Mon fils est malade. Il traîne une pathologie respiratoire. Il a besoin d'oxygène pour l'aider à respirer en attendant d'être greffé. Le traitement est très coûteux. La gratuité de l'oxygène dans le privé devrait nous apporter un ouf de soulagement mais hélas, son médecin m'a renseigné hier, mercredi, que l'oxygène est toujours facturée à la charge du malade », se désole Soukeyna Ndiaye Ba logée au quartier Hlm 1.

Pour rappel, le ministre de la Santé et de l'action sociale, Abdoulaye Diouf a fait l'annonce mardi 3 août en visite dans les usines de fabrication de l'oxygène. Toutefois, une source a renseigné que cette décision des autorités du ministère de la santé est prise sans une concertation en amont avec les bailleurs ou les gestionnaires des cliniques privés pour déterminer la faisabilité.

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