Maroc: Le nombre des sans-emploi va augmentant pour atteindre 1,6 million

Le taux de chômage grimpe à 12,8% au deuxième trimestre 2021

Le chômage persiste à la hausse. Selon les dernières statistiques rendues publiques mardi 3 août par le Haut-commissariat au plan (HCP), il a connu une progression au cours du deuxième trimestre 2021. La situation reste préoccupante d'autant plus que cette tendance a été observée à une période marquée par l'assouplissement des restrictions de la santé publique relative à la pandémie de Covid-19 et par les conditions climatiques favorables à la reprise de l'activité agricole. Le retour à un environnement bien meilleur que celui ayant marqué les mois précédents n'a visiblement pas eu un effet positif sur le chômage puisqu'il a poursuivi sa progression. Il faut dire qu'entre le deuxième trimestre de l'année 2020 et celui de 2021, le nombre de chômeurs est passé de 1.477.000 à 1.605.000 chômeurs, soit une augmentation de 128.000 personnes.

Ce qui correspond à une augmentation de 9%. Dans une note d'information relative à la situation du marché de travail au deuxième trimestre de l'année 2021, le Haut-commissariat a expliqué que « cette hausse résulte d'une réduction de 100.000 chômeurs en milieu rural et d'une augmentation de 228.000 en milieu urbain ». Des observations du HCP, il ressort que presque trois quarts des chômeurs (71,3%) sont concentrés dans cinq régions. En l'occurrence : Casablanca-Settat (27,3% de chômeurs), Fès-Meknès (12,9%), Rabat-Salé-Kénitra (12,3%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%) et l'Oriental (9,4%). Comme l'a fait remarquer l'institution publique, le taux de chômage a maintenu sa tendance à la hausse enregistrée au cours de la même période de l'année précédente. Il est ainsi passé de 12,3% à 12,8% au niveau national, de 15,6% à 18,2% en milieu urbain et de 7,2% à 4,8% en milieu rural.

Et c'est sans grande surprise qu'il est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,8%), les diplômés (20,4%) et les femmes (15,9%), une tendance maintes fois observée lors des précédentes analyses de l'évolution du marché du travail. «Ce taux a enregistré une hausse modérée parmi les hommes, de 11,3% à 11,9%, et les femmes, de 15,6% à 15,9%. Il a connu une baisse de 2,6 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 33,4% à 30,8%», a précisé le Haut commissariat. En ce qui concerne les diplômés, le HCP a précisé que le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,2 points, passant de 18,2% à 20,4% entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021. Selon le HCP, «ce sont les diplômés de niveau supérieur qui ont enregistré la hausse la plus importante de 3 points, avec un taux passant de 22,3% à 25,3%.

Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen a, de son côté, augmenté de 1,8 point pour atteindre 17,6%». Il est important de noter que les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (20,8%) et de l'Oriental (18,4%), comme le suggèrent les statistiques. Soulignons que deux autres régions, Casablanca-Settat (16,1%) et Fès-Meknès (14,8%), dépassent la moyenne nationale (12,8%) alors que «les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi, et de Béni Mellal-Khénifra enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 8,5%, 8,7% et 9,7%». Des mêmes données, il ressort par ailleurs que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a baissé de 360.000 au niveau national, entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021.

Les chiffres montrent qu'il est passé de 1.359.000 à 999.000 personnes, de 753.000 à 551.000 personnes dans les villes et de 606.000 à 448.000 à la campagne. Le Haut-commissariat en déduit que «le taux de sous-emploi est passé de 13% à 9,2% au niveau national, de 12,2% à 8,9% en milieu urbain et de 14,1% à 9,5% en milieu rural». Signalons enfin que l'économie nationale a créé durant cette période 405.000 postes d'emploi. Ceux-ci résultent «d'une création de 414.000 postes en milieu rural et d'une perte de 9.000 postes en milieu urbain, contre une perte de 589.000 postes une année auparavant et une création annuelle moyenne de 64.000 postes au cours des trois années pré-pandémie», a précisé le HCP.

D'après l'institution publique, entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021, le secteur de l'«agriculture, forêt et pêche» a créé 318.000 postes.Il est suivi par les BTP (108.000), les services (40.000). Quant à celui de l'«industrie y compris l'artisanat», il a perdu 53.000 postes.

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