Cote d'Ivoire: Immeuble "La Pyramide" - L'Etat récupère son bien

Le ministre de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme, Bruno Nabagné Koné, a annoncé, ce mercredi 11 août, que l'immeuble "La Pyramide" au Plateau (Abidjan), à l'angle du boulevard Botreau Roussel et de l'avenue Franchet d'Esperey, fait de nouveau partie du patrimoine immobilier de l'État de Côte d'Ivoire depuis le 5 août 2021. Ce, à la suite d'un accord définitif trouvé entre les parties qu'un litige opposait relativement au bâtiment. Il en a fait l'annonce au terme d'une visite qu'il a effectuée sur le site.

« Depuis le 5 août dernier, un accord définitif a pu être obtenu et il rend à l'État de Côte d'Ivoire ce bâtiment. Cela nous permet de dire que la pyramide est à nouveau une propriété de l'État de Côte d'Ivoire et que les projets de réhabilitation sur lesquels nous avons commencé à travailler, il y a quelques années, peuvent être désormais remis sur la table. C'était donc important de faire cette visite et de donner cette information à l'ensemble de nos concitoyens », a-t-il déclaré au terme de la visite.

Bruno Koné a également souligné l'importance que revêt la récupération de cet immeuble parmi les plus emblématiques du Plateau par l'État de Côte d'Ivoire. « Cette visite est un moment important tout simplement parce que vous avez sans doute suivi le débat qu'il y a eu sur la propriété de cet immeuble qui est emblématique de la ville d'Abidjan. Pour nous représentant de l'État, il n'y avait pas de doute puisque depuis sa construction dans les années 69-70, cet immeuble a toujours été la propriété de l'État de Côte d'Ivoire », a-t-il déclaré.

Pour rappel, c'est le 11 octobre 2005, lors d'une assemblée générale extraordinaire de la Socipec SA (société immobilière qui a bâti l'édifice au nom de l'État entre 1970 et 1973) convoquée par Konan Kouadio Camille, investi d'un mandat social d'administrateur de ladite société pour décider de la mise en vente de l'immeuble "La Pyramide" à la Société civile immobilière "Les Pharaons".

C'est ainsi que l'immeuble a été cédé à Sci Les Pharaons le 29 octobre 2010, au prix de cinq cents millions de FCfa, dont 413,3 millions devaient être versés dans les caisses de l'État. Cette somme n'a jamais été perçue par l'État, révèle un document transmis par les services de la Société de gestion du patrimoine immobilier de l'État (Sogepie).

Selon le ministère en charge de la Construction, il y a lieu de relever que cette Assemblée générale est intervenue alors que la Socipec-SA était en totale cessation d'activité depuis plus de vingt-cinq ans et que le Conseil des ministres, en sa session du 07 août 1980, a préconisé la liquidation de la Socipec-SA et la transformation de "La Pyramide" en immeuble administratif.

Au dire des responsables du ministère, ces affirmations sont corroborées par Feu Billon Pierre, alors Pdg de la Socipec-SA, qui à travers diverses correspondances, a demandé avec insistance la dissolution pure et simple de cette société. Il soutenait que cette structure n'existait plus en réalité car n'exerçant plus d'activités depuis plusieurs années et ne disposant d'aucun actif, l'immeuble "La Pyramide" étant devenu un immeuble administratif, souligne-t-on au ministère.

Ainsi, depuis 1980, l'immeuble est totalement géré par les services en charge des biens immobiliers de l'État. A ce titre, tous les bureaux étaient occupés par l'administration publique sans paiement de loyer ni aucune autre forme de compensation. Les loyers des commerces étaient aussi encaissés par les services du ministère de l'Économie et des Finances.

Au regard de ce qui précède, le ministère soutient que la vente de l'immeuble par la Socipec-SA était irrégulière. C'est pour cette raison que l'Administration a, depuis 2012, œuvré à son retour au domaine privé de l'État, a fait savoir le ministre.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X