Burkina Faso: Réactions au procès des présumés terroristes

Après le premier procès qui a débuté lundi, les premières sentences ont été prononcées contre deux prévenus qui ont écopé de 20 ans d'emprisonnement chacun. Les Burkinabè ont réagi différemment face à ce procès sans précédent.

Ce procès, premier du genre, divise l'opinion publique au Faso.

Dix prévenus doivent passer à la barre pour répondre des accusations portées contre eux.

A Ouagadougou, certains reconnaissent le droit de tout accusé d'avoir un procès équitable. D'autres par contre regrettent la tenue de ce jugement. C'est le cas de D.O., qui a requis l'anonymat.

"À écouter ces terroristes devant le parquet, ils n'ont pas l'intention de changer. Ils ne disent pas qu'ils se sont trompés. Pour eux, c'est la meilleure voie. Ils sont sur un objectif qui est de défendre la charia. Donc je ne pense pas que ce procès puisse les amener à la raison", a souligné D.O.

Pour des infractions d'actes terroristes, la loi prévoit des peines d'emprisonnement de 11 à 21 ans et des amendes de 500 000 à 2 millions de francs CFA.

"Je crois que les sentences devraient être plus sévères que ça et publiées partout pour que toute personne qui voit ces peines réfléchisse pendant longtemps, avant de se lancer dans une telle entreprise", a indiqué I.C., une autre personne qui a aussi requis l'anonymat.

"Vous savez que juger quelqu'un, ce n'est pas seulement le sanctionner, mais c'est surtout pédagogique", a dit Moulaye Sorgho. "Nous aspirons à la démocratie et je crois que c'est l'image de notre démocratie que l'on donne comme ça en montrant que la justice doit être défendue partout", a-t-il ajouté.

Pour A.O., même les personnes accusées de terrorisme devraient bénéficier de la présomption d'innocence.

"Je suis un partisan des droits de l'homme. Donc pour moi, juger un terroriste ne doit pas souffrir de débat. Parce que ce sont des êtres humains comme tout le monde. Les lois sont là pour être appliquées et la justice est là pour rendre justice à qui de droit", a insisté A.O.

Sur la dizaine de prévenus, cinq sont déjà passés à la barre et trois ont écopé d'une peine d'emprisonnement ferme de 20 et 21 ans, assortie d'une période de sureté de 15 ans. Ils ont été aussi condamnés à payer des amendes allant de 750.000 à 2.000.000 francs CFA.

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