Soudan: La traque à double tranchant des millions de l'ancien régime

Omar El-Béchir

La banque centrale soudanaise a décidé de geler les comptes bancaires de 161 personnes soupçonnées de participer à des opérations de déstabilisation de l'économie. La liste comprendrait un certain nombre de soutiens au président déchu Omar el-Béchir, ainsi que des membres de sa famille.

Cette décision fait suite à une enquête menée par le Comité soudanais pour le démantèlement du « régime du 30 juin », date à laquelle en 1989, Omar el-Béchir s'était emparé du pouvoir à Khartoum. Depuis sa chute, en avril 2019, ce comité est chargé de faire la lumière sur les malversations du Parti du Congrès national.

Les opérations suspectes ont été menées sur des comptes bancaires ouverts à partir de décembre 2018, date du début des manifestations contre Omar el-Béchir. Des sommes atteignant plusieurs millions de dollars ont été transférées puis retirées en quelques semaines, en monnaie locale, avant d'être converties sur le marché noir en dollar ou en euros et de sortir du pays.

Manque de transparence

Pour Wajdi Saleh, représentant du Comité, ce coup de filet est une réussite : « Nous avons pu faire avorter les manigances des soutiens de l'ancien régime qui tentent de déstabiliser les autorités de transition et nous dévier du chemin de la démocratie. L'une des armes utilisées par ces vestiges de l'ancien régime, c'est de saboter l'économie nationale. »

Cependant, pour certains experts, ce comité chargé de traquer les soutiens de l'ancien régime et de remettre la main sur les biens et les richesses détournées par le Parti du Congrès national, n'est pas totalement transparent.

« On ne sait pas vraiment où l'argent qui a été saisi jusqu'à présent a atterri. Nous n'avons pas les chiffres exacts sur les sommes récupérées par la banque du Soudan, par le ministère de l'Économie, ni à quels services elles ont été réallouées », pointe Kholood Khair d'Insight Strategy Partners.

Pour cette analyste, il est possible que cet argent soit retombé dans les poches des militaires toujours au pouvoir, alors qu'une importante part du budget 2021 a été allouée au secteur de la sécurité.

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