Afrique: 30ème edition de l'afrobasket Kigali 2021 - Mettre fin à 24 années de disette

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Le Sénégal va aller à la quête du sacre africain lors de la 30ème édition de l'Afrobasket qui se joue du 24 août au 5 septembre à Kigali au Rwanda, le pays des milles Collines. Les Lions conduits par l'entraîneur Boniface Ndong affichent l'ambition de soulever un sixième trophée continental et mettre fin à 24 ans d'échecs.

Le basket-ball africain sera à l'heure de la 30ème édition de l'Afrobasket masculin qui s'ouvre ce mardi 24 août à Kigali. 16 équipes seront sur la grille de départ de cette grande messe de la balle orange dont le Sénégal, classé dans le trio de tête des grands prétendants au titre. Un titre que détient la Tunisie, dernier vainqueur de la dernière édition 2017 disputée à Dakar et Tunis. Sous la houlette de Boniface Ndong, qui honore sa première expérience comme sélectionneur, la bande à Gorgui Sy Dieng, Maurice Ndour, Youssou Ndoye et Boubacar Touré , les plus capés du groupe seront encore attendus. Et dans cette voie, elle a affiché clairement cette ambition de mettre fin à cette succession d'échecs en Coupe d'Afrique et d'ajouter un sixième trophée que le basketball sénégalais attend depuis 24 ans. Une longue période durant laquelle le Sénégal ne s'est contenté jusque-là que d'accessits.

LA BELLE EMBELLIE DE 1997...UNE ETERNITE

Une éternité pour le basketball sénégalais et ses acteurs. D'autres observateurs y ont même vu un paradoxe pour un pays considéré comme le plus titré en Afrique si on y ajoute les trophées remportés par les Lionnes. Mais aussi au regard du réservoir important de joueurs dont dispose le Sénégal à travers le monde et dans le sélect championnat NBA des États-Unis. Le dernier sacre remonte en effet de 1997. Le coach Bassirou Badji, seul technicien à remporter le trophée en tant que joueur et entraîneur, après Claude Constantino champion également en 1968 et entraîneur en 1971. L'équipe sénégalaise avait, à cette époque, avec une cuvée de joueurs évoluant tous dans le championnat locaux, avait remis les pendules à l'heure en offrant à leur pays une 5ème bague de champion d'Afrique. Ce groupe composé de Boubacar Aw, Matar Ndiaye actuel manager des Lions, Assane Ndiaye, Oumar Mar, Cheikh Mbacké Diop, Raymond Carvalho, Aly Ngoné Niang, Lassana Ndiaye, Mouhamadou Sow, Yaya Dia, Vincent Dasylva réussissait alors, face à un public enthousiaste à Marius Ndiaye, là où les devancières, qui se sont succédées dans les années 80, ont toutes buté malgré leur immense talent. Les Lions étaient, en effet restés 17 ans, sans aucun trophée à mettre sur son armoire. Ce qui a été perçu à l'époque comme une «anomalie» pour un pays longtemps montré comme la locomotive du basketball continental depuis les toutes premières éditions.

CASABLANCA 1968 ET LES PREMISSES D'UNE DOREE

Dans l'histoire de la discipline de la balle orange, le Sénégal a très tôt affirmé son leadership voire sa suprématie après avoir mis fin à la domination maghrébine, mais aussi celle de l'Egypte, victorieuse des deux premières éditions en 1962 et 1964. Les Lions avaient profité de cette Coupe d'Afrique organisée à Casablanca au Maroc pour entrer dans le palmarès africain. Conduit par feu Alioune Diop, El Hadji Malick Diop dit «Niada», Boubacar Traoré, Cheikh Fall «Daguitt», Claude Sadio, Claude Constantino, Badou Guéye «Sandial», Narou Ndiaye, Babacar Seck, Doudou Leydi Camara et autre David Thiaw, le Sénégal décroche le premier titre du Sénégal. Ce qui lui permettra de rester aux premières loges de l'Afrobasket. Finalistes face à l'Egypte en 1970, Abdourahmane Ndiaye «Adidas», Boubacar Traoré, Cheikh Fall "Daguit" Doudou Leydi, Assane Thiam, Pierre Sagna, Diandy, Moussa Sène, Sylvestre Lopez et compagnie remettent ça et confirment leur domination qu'ils exercent à domicile à Dakar, avec à la clé, une victoire au goût de revanche sur l'Egypte, championne en titre qu'ils battent en finale de l'édition 1971. Médaillés d'argent aux éditions de 74 et 78, remporté par une équipe de la République Centrafrique montante et dans ses rangs un Abdourahmane Ndiaye "Adidas" (élu à deux reprises meilleur basketteur africain), les Lions reviennent en force avec la bande à Mathieu Faye, Moustapha Diop «Gaucher», Oumar Dia, Yamar Samb, Adramé Ndiaye, Benghaly Kaba, Moussa Touré pour asseoir cette suprématie. Ils renouent avec le trophée africain en s'imposant dans l'édition disputée à Dakar 1978 et en 1980 à Rabat au Maroc.

17 ANS DE TRAVERSEE DU DESERT

Ce quatrième succès a été toutefois suivi par une longue période d'insuccès et d'échecs. La Côte d'Ivoire connut finalement le sacre à Mogadiscio (Somalie) en 1981. Absents des podiums en 1983, le Sénégal avait touché le fond en enregistrant l'une de ses pires campagnes à Tunis en 1987. Dans les premières années 80, le basket africain assiste à l'émergence de l'Angola. Les Angolais avaient ainsi fini par imposer un règne sans partage à partir de l'édition disputée en 1989 devant leur public à Luanda. Sans relâche, ils mettent la main sur les trois trophées successifs aux dépens du Sénégal. Des équipes du Sénégal d'où l'on comptait pourtant une phalange de joueurs, tous aussi talentueux dont Etienne Preira, Issakha Barry, Massaer Ndiaye, Alexandre Sylva et Makhtar Ndiaye entre autres. Les Palancas Negras d'Angola ne connaîtront un coup de frein qu'à l'Afrobasket organisé à Dakar en 1997 où ils tomberont sous les griffes des «Lions» de Bassirou Badji avec une défaite en demi-finale. Cette campagne à Dakar, n'était toutefois qu'un intermède à ce long règne des Palancas Negras. Car, la bande à Guimarès et autre Conceicao vont revenir à force et remporter d'autorité l'Afrobasket 1999. Elle ne tardera pas à monopoliser voir vampiriser les trophées en se succédant sept fois au podium (1999, 2001, 2003, 2005, 2007, 2009 et 2011). Au même moment, le Sénégal poursuivait sa traversée du désert et peinait même à préserver son statut de «Grand d'Afrique». Les Lions du Sénégal, coachés par Abdourahmane Ndiaye «Adidas» ont toutefois réussi à revenir et titiller les sommets avec la médaille d'argent obtenue en 2005 en Algérie avec en prime Boniface Ndong désigné comme le meilleur pivot de la compétition. La suite n'aura pas été reluisante. Puisque le basket sénégalais, du moins sa catégorie masculine, entrait tout simplement dans les rangs. Comme le confirmera cette 7ème place en 2007 et 2009. Avec comme conséquence les préliminaires que le Sénégal était dorénavant contraint de passer pour pouvoir valider sa participation à l'Afrobasket de 2011 prévu à Tripoli. Les Sénégalais ne devront leur qualification à la 25ème édition du championnat d'Afrique de basket masculin libyenne 2011 qu'en faveur de cette «wild card» (invitation) de la Fiba suite à son élimination par le Mali au tournoi qualificatif, à deux, de Bamako. Ce qui a constitué, aux yeux des observateurs du ballon, comme un recul et une alerte. A sortir de cet épisode, les changements seront vite opérés en tête de sélection nationale. Elle est confiée à un technicien de renommée en l'occurrence le Français, Alain Weisz qui devra mener les Lions à l'Afrobasket 2011 à Madagascar.

UNE BELLE PERCEE EN COUPE DU MONDE A LA DESILLUSION DE TUNIS

A cet Afrobasket à Tripoli, le Sénégal réussit d'entrée un succès retentissant en mettant fin à l'invincibilité des Palancas Negras d'Angola qu'ils battent en phases de poule. Mais, ce succès est plus que anecdotique, puisque les coéquipiers de Mohamed Faye (classé parmi le cinq majeurs du tournoi) et autre Malick Badiane (meilleur rebondeur du tournoi) ne verront pas l'ombre du podium et finissent septième après avoir buté sur la Côte d'Ivoire.

UN CAP FRANCHI A LA COUPE DU MONDE EN ESPAGNE...

Deux ans après, les «Lions» restent sur la même ligne de performance. Elle est cette fois mis au crédit de cette équipe conduite par le jeune sélectionneur local en l'occurrence Cheikh Sarr. Dans cette compétition disputée à Abidjan 2013, les «Lions», avec Vieux Ndoye, Alces Badji, Louis Adams, Hamady Ndiaye, Saer Sène, Malèye Ndoye entre autres passent une fois du plus à côté d'un 6ème sacre. Mais, ils réussissent la prouesse de hisser le basketball sénégalais et le propulser à la Coupe du monde de 2014 en Espagne grâce à une troisième place arrachée à la Côte d'ivoire, pays hôte. Avec au bout, une qualification historique en 8ème de finale Coupe du monde suivie d'une élimination face à l'Espagne de Pau de Gasol, pays organisateur et futur finaliste malheureux devant l'intouchable équipe des Etats-Unis. Le Sénégal gagnait à partir de ce mondial, une autre envergure. Avec dans ses rangs une équipe présentée comme l'une des meilleures que le Sénégal n'ait eu depuis plus d'une décennie. C'était sans doute le signe d'un renouveau. La 28ème Afrobasket disputée en 2015 à Tunis confirmera les grandes ambitions des Lions. Gorgui Sy Dieng (meilleur pivot du tournoi), Xane d'Almeida, Ibrahima Thomas, Malèye Ndoye, Antoine Mendy débutaient en trombe dans le groupe B en surclassant le Mozambique, le Maroc et surtout en épinglant l'Angola, champion d'Afrique en titre et future médaillée d'argent de la compétition. La barre était haute pour les Lions. L'Espagnol Porfirio Fisac de Diégo, nommé Head coach héritait du banc de la sélection du groupe. L'espoir de mettre fin à cette longue diète reste encore grand lors de la grande messe co-organisée à Dakar et à Tunis en 2017. Disputer le premier tour et dans son antre de Marius Ndiaye, théâtre de leur exploit 20 ans plutôt, devrait suffire comme source de motivation. Mais une fois de plus, Gorgui Sy Dieng et ses partenaires subissaient la loi d'une équipe du Nigéria en demi-finale (76-71). Une autre désillusion.

Drivée aujourd'hui par une phalange de jeunes joueurs, évoluant quasiment dans les clubs en Europe et aux Etats unis, l'équipe nationale du Sénégal version 2021 figure pour cette présente édition à Kigali donnée grandissime favori à côté de l'Angola, détentrice du record des titres remportés, la Tunisie, championne en titre mais aussi le Nigéria qui a rejoint depuis quelques années le lot des géants du basketball continental.

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