Tunisie: Interdit de voyager, un député dénonce le flou qui entoure la mesure

Le Chef du gouvernement, et le Président de la République

Il y a un peu plus d'un mois, le président tunisien instaurait l'état d'exception. Il promettait dans le même temps de lutter contre les corrompus. Depuis, des mesures d'interdiction de voyager, des assignations à résidence touchent plusieurs personnalités, des députés, des hommes d'affaires et des juges notamment. Une cinquantaine d'individus selon le décompte d'Amnesty International qui dénonçait jeudi dernier des décisions « arbitraires » et « illégales ». RFI a pu s'entretenir avec l'un de ces députés. La rencontre a eu lieu à Korba, à 80 kilomètres à l'est de Tunis.

Il a beau être en colère, s'insurger, Anouar Benchahed garde cette petite voix : « C'est bientôt la rentrée scolaire donc malheureusement, cette situation devient ingérable pour moi et ma famille. J'ai toujours le passeport avec moi, j'ai toujours la valise dans le coffre de la voiture. Lorsqu'on me dira que je peux partir, je vais partir de suite. »

Le 15 août, le député des Tunisiens de France voulait rentrer chez lui, près de Marseille, mais il a été bloqué à l'aéroport. « Le problème c'est qu'il n'y aucune décision écrite, ni judiciaire, ni administrative. On est dans le flou total. »

Il sait que son message a du mal à passer auprès de ses concitoyens qui dans leur grande majorité soutiennent cette offensive contre la corruption. « Avant le 25 juillet, il y avait une impunité totale pour les grandes fortunes, pour certaines personnes au pouvoir. Et après le 25, on est revenu dans une logique inverse où tout le monde est coupable jusqu'à ce qu'il prouve son innocence. »

Il y a deux semaines, le président visite l'aéroport de Tunis. Kaïs Saïed assure que l'objectif des mesures exceptionnelles n'est pas de priver les Tunisiens de leur liberté de circulation et précise que les restrictions sont provisoires, destinées au personnes soupçonnées de corruption, de terrorisme ou d'évasion fiscale.

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