Burkina Faso: Situation sécuritaire - 298 civils tués en un trimestre

En vue d'améliorer la sécurité des journalistes au Burkina Faso, la Fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest, en collaboration avec le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a organisé le lundi 30 août 2021 à Ouagadougou un forum. A cette occasion, une photographie du contexte sécuritaire a été faite aux participants par le spécialiste Mahamoudou Sawadogo. Il ressort de son exposé que 298 civils ont trouvé la mort dans 115 incidents sécuritaires entre le 1er avril et 14 juin 2021.

Face au péril terroriste qui n'épargne plus personne, comment le journaliste doit-il se comporter sur le terrain pour garantir sa propre sécurité ?

« Aujourd'hui, il y a des localités où nous ne pouvons plus aller faire notre travail car elles échappent au contrôle de l'Etat.

En outre, il y a des menaces auxquelles font face les hommes de médias et qu'il faut voir à la loupe. D'où la nécessité de ce forum pour qu'ensemble nous trouvons des solutions. Autant nous répondons à l'appel des citoyens lorsque nous sommes sollicités, autant nous devons exiger nos droits à la protection », a dit pour camper le décor, le représentant de la Fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest, Boureima Ouédraogo.

Pour lui, il s'agit, à travers ce forum, de mettre en évidence les problèmes de sécurité des journalistes face aux menaces terroristes et aux lois répressives au Burkina Faso. C'est aussi l'occasion de sensibiliser les parties prenantes à la sécurité et à la protection des journalistes tout en améliorant leur coopération.

A ce forum deux membres du gouvernement, Ousséni Tamboura et Maxime Koné, étaient conviés. Pour le chef du département Communication, Ousséni Tamboura, la situation sécuritaire concerne tous les citoyens burkinabè y compris les journalistes. « Avec ce changement, le cadre juridique doit aussi se conformer. Nous devons tout faire pour ne pas désarmer cette liberté de presse et ce forum doit proposer des solutions pour cela», a ajouté le ministre de la Communication.

« Le contexte actuel exige un dialogue entre les acteurs du pays. Nous sommes dans un contexte de vulnérabilité. Nous avons intérêt à ce que les journalistes soient protégés. Il faut dire qu'il y a des zones proscrites, à vous de les respecter pour le moment afin d'éviter d'éventuels désagréments », a précisé le ministre de la Sécurité Maxime Koné.

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet et aux fins de donner une idée de la situation sécuritaire du Burkina, Mahamoudou Sawadogo spécialiste de la question a été sollicité pour éplucher le premier thème : « Médias et contexte sécuritaire : ce qu'il faut savoir de la situation de sécurité et comment se comporter ? »

A l'en croire, parmi les pays touchés par l'hydre terroriste, le Burkina Faso est devenu le ventre mou. « En six ans de guerre contre le terrorisme nous avons surplombé, en termes de personnes tuées et de déplacés internes, le Mali et le Niger qui combattent le terrorisme depuis déjà dix ans », a déclaré le spécialiste Mahamoudou Sawadogo. Selon ses dires pour le seul mois de juillet, le Burkina a enregistré 91 incidents terroristes avec 89 morts, le Mali 60 attaques avec 28 morts et le Niger 8 incidents dans lesquels on déplore 31 morts. Il fait aussi remarquer que les groupes armés ont redoublé leurs activités sur le sol burkinabè. « C'est la première fois qu'un tel niveau de violence est atteint. De 86 civils tués dans 105 incidents sécuritaires entre le 1er et le 31 mars 2021, on est passé à 298 civils tués dans 115 incidents sécuritaires entre le 1er avril et le 14 juin 2021 ».

Aux hommes de médias, il leur a conseillé de ne jamais être les premiers à emprunter une route, de toujours se renseigner sur la situation sécuritaire, de prendre contact avec les habitants des localités où ils se rendent et d'éviter le syndrome de la grenouille.

Dans l'après-midi, c'était un tandem plus ou moins atypique : c'était un pandore qui était à la manœuvre pour donner des rudiments de protection aux participants, et un journaliste.

Le commandant de gendarmerie Guy Hervé Yé, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a souhaité que les journalistes fassent un travail de communication et de sensibilisation auprès des populations, dans le but de leur faire comprendre qu'elles ne peuvent pas être en marge de la lutte contre le terrorisme.

Evoquant le contexte, le pandore a confié que la lutte contre le terrorisme dans certaines zones est très complexe. « Des femmes et des enfants posent des engins explosifs », a-t-il dévoilé. Le journaliste, B. Hyacinthe Sanou, a recommandé que l'on pense toujours à sa propre sécurité avant l'information.

Le forum a abouti à la formulation des recommandations qui seront transmises aux parties prenantes pour garantir aux journalistes une sécurité et une sûreté dans l'exercice de leur fonction.

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