Cote d'Ivoire: Reconstitution de viol sur une chaîne ivoirienne - L'indécent buzz

Capture d'écran de l'émission de NCI qui suscite la polémique.

«Encore Yves de Mbella », ont dû soupirer nombre de téléspectateurs choqués et outrés par ce qu'ils n'auraient pas souhaité voir sur la chaîne NCI, le lundi 30 août 2021. En effet, ce jour-là, l'émission « La télé d'ici vacances » a reçu comme invité un homme, pour ne pas dire un criminel, disons le franchement, puisqu'il a été présenté comme étant un « ancien violeur repenti ». Oui, vous avez bien lu, un « ancien violeur repenti ». Comme sur certaines chaînes spécialisées dans les chroniques judiciaires, les spectateurs qui avaient fait le déplacement sur le plateau de NCI ont assisté à une scène quasi surréaliste.

En effet, le présentateur et son invité les ont gratifiés d'une reconstitution de crime, puisqu'à l'aide d'une poupée géante de femme, l'ancien violeur en série a démontré comment, comme un carnacier sauvage, il s'acharnait sur sa proie. Sous, tenez-vous bien, l'œil admirateur d'Yves de Mbella, qui semblait baver littéralement de plaisir à la vue du mode opératoire de la « star » du jour.

« Tu attaques par devant ou par-derrière ?» « Montre-nous comment tu fais ». « Comment les choisis-tu ? » « Mince ou avec des fesses ?» « Les femmes prennent-elles du plaisir quand même lorsqu'elles sont violées ?» demandait le présentateur. Il aurait voulu réveiller les bas instincts de l'ogre sexuel qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Comme il fallait s'y attendre, les réactions de l'opinion publique pour dénoncer cet indécent buzz n'ont pas tardé.

Face au concert d'indignation venu aussi bien des citoyens que des associations féministes et même des autorités politiques, la direction de NCI a vite présenté officiellement ses excuses et annoncé la suspension de l'animateur, mais le mal était déjà fait. Elle a beau ajouter que l'émission avait pour vocation la sensibilisation contre les viols, elle n'en est pas moins responsable que le présentateur et son invité, accusé à raison d' « attentat à la pudeur » et d'apologie du viol ».

En effet, comment comprendre que dans une rédaction de télé, où tous les sujets sensibles et leur conduite sont en principe soumis à l'appréciation, sinon de la direction, du moins de la rédaction en chef, de telles images aient pu être diffusées sans la moindre autocensure ?

Certes, il n'y a pas de questions taboues dont il est interdit de parler ou qu'il est défendu d'évoquer, mais cela doit se faire sous l'empire de certaines règles d'éthique et de déontologie qui encadrent le métier des professionnels des médias.

Si Yves de Mbella a écopé d'une sanction disciplinaire comme l'a annoncé la direction de NCI, qu'adviendra-t-il de son invité ? S'il s'agit effectivement d'un prédateur sexuel, la question qu'on est tenté de se poser, c'est s'il a payé pour les forfaits qu'il a eu à commettre par le passé. Si effectivement encore, il s'est repenti, il y a lieu de s'interroger sur la sincérité de ses regrets.

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