Burkina Faso: Rentrée gouvernementale - La chicotte pour les adeptes de l'école buissonnière

Merde ! La rentrée scolaire s'annonce encore avec cette angoisse accrue des géniteurs. Il faut délier le cordon d'une bourse déjà douloureuse pour payer frais de scolarité, fournitures et autres tenues scolaires et goûters. Trois mois après c'est sur la bourse traumatisée qu'on doit farfouiller pour Noël, la fin d'année, le Ramadan, la Tabaski... et le cycle reprend. Les années passent inexorablement et l'on se retrouve groggy. Pas même le temps de se la couler douce. Et au soir de ta vie, au moment où tu aspires au repos, c'est le même garnement devenu grand et ingrat qui te rappelle ceci : « Papa, le médecin n'a pas dit de ne plus boire la bière et d'éviter les sucreries ?».

Mais savez-vous qu'une rentrée peut en cacher d'autres ? Il en est qui ne sont pas très connues certes, mais qui portent bien aussi leur nom. Je pense à celles télévisuelle, judiciaire, parlementaire, ou gouvernementale. Cette dernière, sujet de ma chronique, débute en principe le premier mercredi de septembre avec pour mise en bouche un premier Conseil des ministres post-vacances. Ils sont revenus bien bronzés, après un repos plus ou moins mérité. C'est selon. S'il y en a qui sont allés dans leur village natal pour une immersion auprès des leurs, d'autres ont préféré leurs fermes, une cour de recréation pour tâter avec ravissement le cul de leurs vaches. Ceux à la hauteur de leurs péchés ont pris l'avion pour une villégiature vers de lointaines îles paradisiaques.

Bref. L'essentiel est qu'ils nous soient revenus frais comme des gardons, après une année qui n'a pas été de tout repos, pour surtout retrouver leurs dossiers respectifs, les uns plus brûlants que les autres. On le sait, ce n'est jamais facile d'être à un certain niveau de responsabilité. Mais comme ils n'ont pas traîné des quatre quand il s'agissait de rejoindre l'exécutif, ils ont intérêt à se secouer. Sinon, bonjour la chicotte. Les interrogations programmées et surprises ne vont pas manquer.

Et en la matière, s'il y a bien autorités qui seraient tentées de faire l'école buissonnière, ce sont les pauvres ministres de la Défense (le Président du Faso himself), le délégué à Défense (le général Aimé Barthélémy Simporé) et celui de la Sécurité (Maxime Koné), qui se doivent d'occuper les premiers table-bancs. En tous les cas, tous les regards des Burkinabè sont tournés vers ces trois impétrants dont on attend beaucoup sur un climat sécuritaire qui ne cesse de se dégrader, sans qu'on sache plus à quel sécurocrate se vouer.

Et que dire de notre monsieur Education nationale qui a déjà maille à partir avec les élèves, les parents et les syndicats sur sa réforme qui, sitôt annoncée, trouve du mal à passer. Le matheux du gouvernement, qui aurait préféré régler de la quadrature du cercle aura à se remettre aux équations pour pouvoir jongler sans sérieusement se brûler la galette chaude qu'est la fermeture du lycée Zinda. Ouaro sera donc au four et au ... Zinda. Le syndicat a déjà donné le ton et l'on appréhende quelle attitude auront les tenues kakies à la reprise.

Bénéwendé Sankara de l'Urbanisme et de l'Habitat aura également à bosser dur, lui qui tient à mettre les pieds dans le ciment frais des promoteurs immobiliers. Depuis deux mois en effet, ceux qui veulent faire leur trou dans la promotion immobilière multiplient conférences de presse, déclarations et même des formes de guérilla médiatique à travers les réseaux sociaux pour mettre le mal de leur ministre. Il n'y aura pas de Bénéwendé (Ndlr : Tout dépend de Dieu, dans la langue mooré) qui tienne. Il doit hardiment gravir les échafaudages sans dégringoler.

Bon courage à tous. Il est vrai que ce n'est pas toujours de gaieté de cœur qu'on est au-devant de la scène. Chacun doit porter sa croix. Que les autres ministres non cités ne se disent donc pas - surtout pas - qu'ils vivent une certaine sinécure, pensant se planquer au fond de la salle de classe sans daigner lever le petit doigt attendant le son de cloche. Le maître saura bien les débusquer et les sortir de leur torpeur.

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