Burkina Faso: Effondrement d'un bâtiment à l'université Norbert Zongo - Trois étudiants stagiaires et un ouvrier périssent sous les décombres

Le mardi 31 août 2021 a été une journée tragique à l'université Norbert Zongo de Koudougou, où trois étudiants de l'Institut universitaire de technologie (IUT) et un ouvrier en bâtiment de nationalité béninoise ont perdu la vie suite à l'effondrement de la dalle d'un bâtiment en chantier au sein du campus de Koudougou.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet Cités du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation (MESRSI), un certain nombre d'infrastructures sont en chantier actuellement à l'université Norbert Zongo de Koudougou. Financée par la Banque arabe pour le développement économique de l'Afrique (BADEA), à environ 20 milliards de nos francs, la réalisation de ces infrastructures a débuté le 28 août 2019. Parmi les édifices à construire, il y a le Foyer des étudiants, théâtre du drame qui a endeuillé le campus de la cité du Cavalier rouge. Informé autour de 12h et arrivé sur les lieux peu de temps après, nous y avons trouvé des ouvriers et des sapeurs-pompiers qui se débattaient pour percer la dalle effondrée. Renseignement pris, on nous apprend que ce sont quatre étudiants de l'Institut universitaire de technologie (IUT) de l'UNZ en stage pour leur DUT (diplôme universitaire de technologie) et un ouvrier béninois, qui avaient participé au coffrage, qui ont été pris au piège suite à la chute de la dalle. « L'accident s'est produit en milieu de matinée, peu après 9h. Une mission de contrôle a visité ce matin même le chantier et c'est quelques minutes après son départ que le drame s'est produit », nous apprend un responsable de l'université. Selon lui, les quatre étudiants stagiaires, trois garçons et une fille, et l'ouvrier étaient en train de décoffrer et de retirer les étais et les planches de la dalle quand celle-ci leur est tombée sur la tête.

Les fouilles des secouristes porteront leurs fruits dans un premier temps et l'espoir a gagné les rangs des responsables de l'université de Koudougou, dont son président, Frédéric Ouattara, des responsables et des ouvriers de l'entreprise en charge du chantier, quand peu après 12h, un des stagiaires a pu être retiré vivant des décombres. Coincé dans un creux, celui-ci a été découvert quand la grue a pu soulever un pan de la dalle auparavant fractionnée par les secouristes à coups de marteaux piqueurs et autres outils de creusage. Sonné mais vivant, il a été conduit au CHR de Koudougou par une ambulance des sapeurs-pompiers. Cette "victoire" va décupler les forces de toutes ces bonnes volontés qui ont volontiers pris part à cette entreprise de sauvetage. On recommence à creuser et à cisailler le fer de plus belle, afin de dégager les blocs de béton à la recherche des quatre autres victimes. Cependant, plus le temps passait, plus le découragement et le pessimisme gagnaient les rangs. Et c'est dans cette ambiance funeste que deux corps sans vie, coincés, pour ne pas dire écraser entre la dalle et le sol du bâtiment, ont été extraits. Il s'agit de ceux de garçons. Il était alors 16h 30. Un ouvrier du chantier nous apprend que le corps de la fille et celui de l'ouvrier ont été localisés sous un autre pan de la dalle. Il ajoute que tous les deux ne donnent pas signe de vie, ce qui l'amène à ne pas être optimiste quant aux chances qu'ils soient toujours vivants.

Au moment où nous quittions les lieux pour aller tracer ces lignes, les deux corps n'étaient toujours pas dégagés. Il était alors 17h passées de quelques minutes. Un confrère se trouvant sur les lieux, que nous avions appelé à 18h 11, nous indique que les corps n'étaient toujours pas sortis de leur enveloppe de gravas et de ferrailles. Ce n'est qu'à 19h 03 qu'un responsable de l'université nous apprend, au téléphone, que les deux corps ont enfin été retirés. Qu'est-ce qui a bien pu causer ce drame qui aura coûté la vie à trois infortunés étudiants et un ouvrier ? Pour le moment, difficile d'y répondre. Mais, espérons que des investigations permettront de connaître les causes du drame et de sévir si la responsabilité de certaines personnes venait à être prouvée.

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