Ile Maurice: Covid-19 - Le variant C.1.2 détecté à Maurice

1 Septembre 2021

La communauté scientifique le prévient depuis des mois : plus le Covid-19 circule, plus il est susceptible de muter.

Les récentes informations mises en lumière au sujet d'un nouveau variant, identifié en Afrique du Sud et baptisé C.1.2, ne font que renforcer leurs appréhensions. Selon une prépublication de l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD) et de la Plateforme d'innovation et de séquençage de la recherche de KwaZulu-Natal, ce variant est «plus muté» par rapport au virus d'origine que tout autre variant connu, ce qui rendrait les vaccins «moins efficaces». Maurice figure parmi les pays dans lesquels ledit C.1.2 a été détecté.

Que sait-on du C.1.2 à ce stade ? Les auteurs qui ont mené l'étude expliquent, d'abord, que ce variant a été, pour la première fois, détecté en mai 2021 et que le lignage a établi qu'il est issu de la mutation C.1, elle-même découverte en janvier. L'étude met aussi en avant le fait que le va riant C.1.2 a «considérablement muté» par rapport à sa mutation d'origine et se trouve «plus éloigné» de la souche originelle SARS CoV-2, détectée dans la province de Wuhan, en comparaison avec les autres variants qui ont été officiellement recensés à travers le monde. Le taux de mutation du va riant, selon les auteurs, avoisine 41,8 mutations par an, ce qui est quasiment deux fois plus rapide que la moyenne de tous les autres variants. Au moins 14 autres sous mutations ont été repérées au sein du variant dont N440K et Y449H, qui sont associées à la fuite de certains anticorps.

C'est d'ailleurs le fait le plus préoccupant. Car les vaccins anti-Covid-19 ont été développés de cette souche originelle. Les scientifiques appréhendent ainsi le fait que la capacité des anticorps à neutraliser le variant pourrait potentiellement être compromise et que le variant soit «plus transmissible». Il pourrait aussi être plus résistant à une infection précédente causée par les variants Alpha ou Bêta. Ces résultats attendent la validation d'un comité scientifique car l'étude n'a pas encore été relue par d'autres scientifiques avant publication dans une revue. Pour l'instant, ce sont les variants Delta et Bêta qui suscitent le plus d'inquiétude.

De l'aveu même des auteurs de l'étude, le C.1.2 n'est présent «qu'à de trop faibles niveaux» pour être, à ce stade, qualifié de «variant digne d'intérêt» ou de «variant inquiétant». Toutefois, les experts de l'Organisation mondiale de la Santé prennent le variant suffisamment au sérieux pour avoir commencé à enquêter. Selon nos recoupements, les échantillons pour le séquençage, émanant du laboratoire aménagé à l'aéroport de Maurice, ont permis de conclure que la présence du variant au pays émane de la quarantaine. Le passager proviendrait de Madagascar ou de l'Afrique du Sud. Outre Maurice, le variant a été détecté en Angleterre, en Chine, en République démocratique du Congo, en Nouvelle-Zélande, au Portugal et en Suisse. Une évolution à suivre.

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