Sud-Soudan: Recrudescence alarmante des cas d'hépatite E dans le camp de Bentiu

communiqué de presse

Une augmentation alarmante du nombre de patients atteints d'hépatite E et de diarrhée aqueuse aiguë a été observée dans le camp pour personnes déplacées de Bentiu, au Soudan du Sud. La situation est critique et deux décès ont déjà été enregistrés depuis un mois.

« Nous avons mis en garde à plusieurs reprises contre les risques liés à un approvisionnement en eau et à un assainissement inadéquats dans le camp de Bentiu, explique Federica Franco, cheffe de mission MSF. Cette situation, pourtant évitable, résulte d'une incapacité à résoudre des problèmes identifiés. Certaines organisations ont en effet réduit leurs offres de services en matière d'eau et d'assainissement au cours de l'année écoulée. »

Depuis juillet, les équipes de MSF ont traité quatre fois plus de patients atteints d'hépatite E que les mois précédents. 186 cas ont été recensés en 2021, dont plus de 60 % entre juillet et mi-août. Une femme enceinte est décédée des suites de la maladie. Il s'agit d'une situation très préoccupante, en particulier pour les femmes enceintes, car elles sont plus vulnérables face au virus et le taux de mortalité peut atteindre de 10 à 30 % dans ce groupe.

L'hépatite E est une maladie virale du foie qui se développe dans les environnements où l'approvisionnement en eau et l'assainissement sont médiocres. Il se transmet le plus souvent par voie oro-fécale, lorsque les gens ingèrent de l'eau ou des aliments contaminés par les selles d'une personne infectée. Les symptômes les plus fréquents sont une jaunisse aiguë, de la fièvre, une diminution de l'appétit, des nausées et des vomissements, une urine foncée et une hypertrophie du foie.

Les équipes MSF ont également constaté une croissance exponentielle du nombre de personnes souffrant de diarrhée aqueuse aiguë. Alors qu'elles traitaient en moyenne 230 patients par mois, elles ont pris en charge 1 454 personnes en juillet. Les personnes les plus touchées sont les enfants de moins de cinq ans.

« Nous n'avons pas de bidons d'eau dans notre maison et parfois mes enfants se couchent sans se doucher, car le seul jerrican que nous avons ne suffit pas pour nous laver tous les cinq. Nous l'utilisons juste pour boire », détaille Nyaker Deng Bol, 24 ans, habitant du camp.

Le manque de savon et de latrines, ainsi que la présence d'égouts à ciel ouvert, font partie des problèmes qui contribuent à cette situation épouvantable dans un camp qui abritent plus de 100 000 personnes. Lors d'une enquête menée par les équipes de MSF en août 2021, il est ressorti que moins de 27 % des ménages interrogés possédaient un morceau de savon. En outre, seuls 13 % seulement des personnes ont accès à des points de lavage des mains, avec de l'eau et du savon, à proximité de leurs latrines.

Une évaluation de MSF, en avril 2021, a montré que le nombre de latrines fonctionnelles dans le camp était dix fois inférieur à la norme internationale minimale pour cette taille de population.

« La situation déplorable de l'eau et de l'assainissement dans le camp de Bentiu n'est pas un phénomène nouveau. Elle a pourtant continué à se détériorer considérablement au cours des deux dernières années », déplore Samreen Hussain, coordinateur médical adjoint pour MSF.

Les équipes MSF se sont mobilisées pour répondre à l'urgence médicale et les organisations qui fournissent l'eau et gère l'assainissement ont augmenté leur intervention pour faire face à la situation. Pourtant, la construction et la gestion des latrines, la distribution de bidons d'eau et de savons, doivent être poursuivies de manière urgente afin d'améliorer les conditions d'hygiène dans le camp de Bentiu.

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