Burkina Faso: Réactions suite au drame à l'université Norbert Zongo - Des acteurs expriment leur consternation

Ainsi que nous le rapportions dans notre édition d'hier mercredi 1er septembre, un drame s'est produit sur un chantier au sein de l'université Norbert-Zongo avec un bilan des plus lourds. En effet, trois étudiants, dont une fille, de l'Institut universitaire de technologie en stage préparatoire de leur DUT et un ouvrier béninois y ont trouvé la mort, écrasés par une dalle d'un édifice en construction. Au lendemain de cette tragédie, la consternation est toujours vive, comme le témoignent trois personnes à qui nous avons tendu notre micro. C'était à la suite de la visite du ministre de l'Enseignement supérieur sur les lieux du drame.

Alain Gnambaou, directeur de l'Institut supérieur de technologie

« Sur le chantier, nous avons une vingtaine d'étudiants en quête du DUT. Dans le cadre de l'obtention de ce diplôme, ils doivent faire un stage pratique de trois mois. Pour ce faire, nous écrivons aux différentes entreprises pour leur demander de les recevoir. Les trois étudiants qui ont trouvé la mort dans cet accident sont tous de la 2e année de l'IUT (Institut universitaire de technologie).

Concernant ce drame, j'ai été informé par téléphone et je suis venu immédiatement sur le terrain pour constater les dégâts. En tant que directeur et responsable de la formation de ces étudiants, je suis hautement attristé par cette grande perte et ce drame qui frappe leur famille et j'en profite pour leur adresser mes condoléances et souhaiter un prompt rétablissement au blessé ».

Abdoul Aziz Zongo, représentant des étudiants au conseil d'administration de l'université

« C'est avec consternation que nous avons appris la chute de la dalle. Le fait que la première victime a été sortie vivante avait donné une lueur d'espoir ; malheureusement les autres ont été retirés sans vie. C'est un véritable choc pour nous, étudiants. Il faut qu'on situe clairement les responsabilités et qu'on prenne les sanctions qui s'imposent. Ce n'est pas la première fois qu'on voit ce genre de cas au Burkina Faso. C'est l'absence de sanctions qui explique la récurrence de ces drames. C'est nous, délégués, qui avons plaidé auprès de l'administration afin que nos camarades puissent bénéficier des stages dans les entreprises. Et voilà le malheur qui s'est abattu sur trois d'entre eux. Comment nous pouvons rééditer une telle demande si les chantiers doivent être des lieux à risque pour nos camarades ? Parmi les victimes, il y a une fille qui était l'unique enfant de ses parents. Vous imaginez le drame dans cette famille ? Il faut qu'on sanctionne les fautifs de ce drame. Cela ne ramènera pas nos camarades en vie, mais ça servira d'exemple ».

Justin Nébié, représentant des étudiants sur le social

« C'est une situation suffisamment dangereuse et grave. Lorsque nous avions eu l'information, nous nous sommes posé plein de questions. Nous estimons qu'un bâtiment qui a été construit dans les normes ne peut pas s'effondrer de la sorte. Est-ce que les matériaux utilisés sont de bonne qualité ? Est-ce que le dosage du ciment a été bien fait ? Combien de familles ont été endeuillées par ce drame ? Nous demandons que les responsabilités soient situées et qu'on sanctionne ceux qui méritent de l'être. Nous attendons des explications franches, car cet accident ne doit pas passer inaperçu. Imaginez si ce bâtiment avait été achevé et ouvert aux étudiants et que ce drame s'était produit à ce moment là ! Ça n'allait pas être quatre mais des centaines d'étudiants qui allaient périr. Ce sont des milliers de morts qu'on allait ramasser. Cette mauvaise exécution des marchés publics doit cesser et pour cela, il faut qu'on mette fin à l'impunité dans ce secteur ».

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