Afrique: D'anciens membres du Conseil d'administration du Fonds mondial plaident en faveur d'un fort accent sur la préparation et la riposte aux pandémies dans la nouvelle stratégie

analyse

Dans le numéro 399 de la version anglaise de l'OFM, nous avons publié un entretien avec Jorge Saavedra, de l'AIDS Healthcare Foundation (AHF), sous le titre Prévention, préparation et riposte aux pandémies : le pour et le pour du Fonds mondial. Dans cet entretien, M. Saavedra faisait valoir que le Fonds mondial est le seul mécanisme financier international capable de faire face aux pandémies et doit continuer à lutter, non seulement contre le sida, la tuberculose et le paludisme ou la COVID-19, mais également contre toute future pandémie.

Lors de la dernière conférence de la Société internationale du sida, qui s'est tenue virtuellement du 18 au 21 juillet dernier, l'AHF a organisé une séance parallèle intitulée « Élargissement du mandat du Fonds mondial : le pour et le pour ». Les intervenants ont parlé de la nécessité d'un nouveau traité et cadre international en matière de prévention, de préparation et de riposte aux pandémies. Il s'agissait d'experts dans différents domaines qui sont convaincus que le Fonds mondial constitue le meilleur mécanisme financier aux fins de la prévention, de la préparation et de la riposte aux pandémies futures, et qu'il n'est pas nécessaire de créer un autre mécanisme qui ferait double emploi. Ils considèrent que le Fonds mondial est l'organe international le plus transparent et expérimenté dans le domaine de la lutte contre les maladies infectieuses aux proportions de pandémie dans le monde.

Au lendemain de la conférence, les experts qui étaient intervenus à cette séance ont adressé une lettre ouverte au Conseil d'administration du Fonds mondial, dont nous reproduisons la traduction ci-après.

Malheureusement pour eux, la réunion extraordinaire du Conseil d'administration avait lieu le 22 juillet et était déjà terminée lorsque leur lettre est arrivée. Quoi qu'il en soit, comme nous l'avons vu avec les propositions de modification du projet de cadre stratégique des circonscriptions africaines du Conseil d'administration - qui étaient arrivées après le délai imparti, un jour avant la réunion du Conseil - il est très peu probable que le Conseil d'administration eût accepté de discuter de la question épineuse de la préparation et la riposte aux pandémies dans la mesure où son inclusion à l'ordre du jour n'avait pas été proposée à temps.

Le sujet de la préparation et la riposte aux pandémies et de son éventuel placement dans le cadre stratégique a fait l'objet de nombreuses controverses. Cependant, bien que le cadre stratégique ait déjà été soumis à vote et approuvé, il reste largement assez de temps pour influencer le texte de la stratégie, les parties prenantes ayant jusqu'au 10 septembre pour formuler leurs commentaires. M. Saavedra et ses collègues auront donc l'occasion de faire valoir leurs arguments.

Lettre du 22 juillet 2021 au Conseil d'administration du Fonds mondial sur la question de la préparation et la riposte aux pandémies

Conseil d'administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Chemin du Pommier 40, 1218 Le Grand-Saconnex, Suisse

Concerne : Rôle futur du Fonds mondial dans la prévention, la préparation et la riposte aux pandémies

Mesdames et messieurs les membres et membres suppléants du Conseil d'administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme,

Nous, les signataires de la présente lettre, avons participé par le passé aux structures et fonctions du Conseil d'administration du Fonds mondial, et certains d'entre nous continuent d'y participer à ce jour. Avant la réunion du Conseil d'administration sur le nouveau cadre stratégique du Fonds mondial, nous souhaitons exprimer les sept points de vue suivants.

Le dimanche 18 juillet 2021, nous avons participé à une séance virtuelle intitulée « Élargissement du mandat du Fonds mondial : le pour et le pour » à la conférence de la Société internationale du sida. Bien que nous soyons bien entendu conscients du « contre » potentiel associé à l'élargissement du Fonds mondial afin de couvrir les aspects essentiels de la prévention, de la préparation et de la riposte aux pandémies, nous sommes convaincus que cette approche présente bien plus d'avantages dans le cadre de la crise actuelle et grandissante de la COVID-19.

Le Fonds mondial a une grande expérience dans la riposte au sida, à la tuberculose et au paludisme - trois maladies infectieuses d'ampleur pandémique. Il a également fait ses preuves en tant que mécanisme financier qui encourage les pays à cofinancer la riposte à ces maladies.

Le Fonds mondial est systématiquement considéré comme une des organisations internationales les plus transparentes au monde.

À la différence de nombreuses autres organisations de développement, le Fonds mondial fait intervenir un large éventail de parties prenantes, parmi lesquelles des donateurs, des communautés, des gouvernements, la société civile, le secteur privé et des partenaires techniques.

Nous vous demandons instamment de réfléchir aux possibilités d'élargissement du mandat du Fonds mondial de manière à mettre à profit son expérience et à ce qu'il reçoive davantage de fonds pour la prévention, la préparation et la riposte à la COVID-19 et à d'autres pandémies potentielles. Nous ne demandons pas au Fonds mondial de sacrifier sa mission originale liée à l'éradication du sida, de la tuberculose et du paludisme, mais plutôt de tirer parti de ce modèle éprouvé pour faire face à de nouvelles pandémies.

D'aucuns, dans les milieux de la santé publique mondiale, recommandent la création d'un nouveau fond pour la prévention, la préparation et la riposte aux pandémies. Nous pensons que cela n'est pas nécessaire étant donné que des organismes existants et efficaces, tels que le Fonds mondial, pourraient être renforcés et adaptés aux nouvelles réalités de la sécurité et de l'équité sanitaires mondiales.

Nous appelons le Conseil d'administration du Fonds mondial à envisager la possibilité que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme contribue à l'intensification de la riposte à la pandémie dans les pays en développement où des millions de vies ont déjà été perdues. Il peut recevoir et administrer de nouveaux financements et servir de mécanisme financier vital dans le cadre de la crise de la COVID-19 et d'autres futures pandémies.

Nous vous remercions pour l'attention accordée à notre appel et restons à votre disposition pour vous présenter de manière plus détaillée les sept arguments exposés dans la présente lettre. Pour toute question, veuillez contacter M. Jorge Saavedra, votre contact au nom des signataires, à l'adresse jorge.saavedra@aidshealth.org ou au numéro de téléphone suivant : +1 323 420 5493.

Cordialement,

Anita Asiimwe (Rwanda), ancienne membre du Conseil d'administration du Fonds mondial (Afrique orientale et australe) et ancienne vice-présidente du Comité de la stratégie, des investissements et de l'impact du Fonds mondial. anita.asiimwe@gmail.com

Stefano Bertozzi (États-Unis, Italie), ancien membre du Conseil d'administration du Fonds mondial (secteur privé)sbertozzi@berkeley.edu

Maksut Kulzanov (Kazakhstan), ancien membre du Conseil d'administration du Fonds mondial (Europe orientale et Asie centrale) mkkutzhan@gmail.com

Aida Kurtovic (Bosnie-Herzégovine), ancienne présidente et ancienne vice-présidente du Conseil d'administration du Fonds mondial aidamuslic@aph.ba

Jorge Saavedra (Mexique), ancien membre du Conseil d'administration du Fonds mondial / ancien membre suppléant et ancien référent pour l'Amérique latine et les Caraïbes jorge.saavedra@aidshealth.org

Loretta Wong (Hong Kong/Chine), ancienne membre du Conseil d'administration du Fonds mondial / ancienne membre suppléante de la délégation des ONG des pays en développement et ancienne vice-présidente du groupe des maîtres d'œuvre du Fonds mondial. loretta.wong@ahf.org

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