Congo-Kinshasa: Les rivières Kasaï et Tshikapa orphelines de poissons

Coucher du soleil sur la rivière Kwilu, dans la ville de Kikwit.
6 Septembre 2021

Plus aucun poisson ne logerait encore dans les rivières Kasaï et Tshikapa. Les filets jetés à titre expérimental par les pêcheurs accompagnant la commission gouvernementale conduite par la ministre d'État et ministre de l'Environnement et Développement durable, n'ont rien rapporté une fois retirés de l'eau.

Affirmation faite le samedi 4 septembre dans la salle des banquets du Palais du Peuple par Eve Bazaiba devant les députés nationaux membres de la commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable (ETRDD) de l'Assemblée nationale.

En sa qualité de ministre chargée des questions environnementales, Eve Bazaiba est revenue devant les députés après une mission diligentée suite à la pollution des eaux de ces deux rivières. Pollution ayant entraîné la mort des poissons et une coloration des eaux due à certains produits toxiques déversés à partir de Angola.

Elle a cependant confirmé que, malgré cette destruction de l'écosystème, l'eau commence à s'éclaircir doucement, mais cela n'exclut pas les matières toxiques. Le manque des poissons a démontré qu'il y a eu destruction totale de la biodiversité aquatique. Le problème qui se pose actuellement, c'est celui de la restauration de l'écosystème aquatique.

La grande nouvelle positive est que la société pollueuse a été identifiée et a reconnu le fait. Il s'agit de Catoca Mining. Le gouvernement angolais est amplement informé de la situation. Ce qui constitue une étape importante dans le processus de réparation.

Quant au nombre des victimes humaines causées par cette catastrophe écologique, il le nombre reste croissant. De 403 victimes au départ, la division provinciale de la santé renseigne un total de 4.502 victimes, dont 12 décès sans oublier les éruptions cutanées et des cas de maladies génitales.

Constantin Mbengele, président de la commission Environnement a, pour sa part, apprécié la connaissance de la VPM qui a bien circonscrit le problème et a proposé des réponses appropriées. Il a par ailleurs confirmé que le travail se poursuivra au niveau des sous-commissions, de façon à dégager des recommandations destinées aux autorités gouvernementales.

Mettre de l'ordre dans les mines

Pour ce qui est du secteur minier, l'on enregistre beaucoup de problèmes et, il est urgent qu'on y mette de l'ordre, a indiqué le président de la commission. Il y a la gestion du fonds minier pour les générations futures et le cadastre minier où il règne un désordre indescriptible en termes d'obtention des titres de propriété qui ne sont pas mis en exploitation et dont on ne se sert pas pour la mise en valeur.

Il y a aussi cette question des tenants de titres qui ne déclarent pas la vraie production ainsi que les difficultés des instances publiques à accéder aux données réelles d'exploitation de différentes mines.

Autant de problèmes autour pour lesquelles la commission va poursuivre des travaux de sorte que les populations soient informées de ce que les exploitants produisent et à quoi elles peuvent s'attendre dans le cadre de la redevabilité sociale.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X