Guinée: Coup de force - Appels à rétablir l'ordre constitutionnel

Conakry — Les appels au calme et au retour à l'ordre constitutionnel se sont multipliés depuis dimanche, lorsque les forces spéciales guinéennes ont pris le contrôle du palais présidentiel, arrêté le président Alpha Condé et "dissous" les institutions et la Constitution en vigueur.

Dans la journée de dimanche, des tirs nourris ont été entendus dans la commune urbaine de Kaloum, dans le centre de Conakry, en Guinée, où se trouvent le palais présidentiel et plusieurs départements ministériels.

Dans l'après-midi, le ministère guinéen de la Défense a déclaré que "la garde présidentielle, soutenue par les forces de défense et de sécurité, a contenu la menace et repoussé le groupe d'insurgés".

Cependant, plus tard dans la journée, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya a annoncé que ses forces avaient arrêté le président Alpha Condé et dissous le gouvernement ainsi que les institutions nationales.

Les frontières du pays ont été fermées et sa Constitution a été déclarée invalide dans cette annonce. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrait M. Condé entouré d'un groupe de soldats armés.

Le SG de l'ONU, Antonio Guterres, a de son côté condamné toute prise de pouvoir par la force des armes appelant à la libération immédiate du président Alpha Condé".

L'Union africaine qui compte 55 Etats membres, a appelé à la libération immédiate de M. Condé. Felix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC), et président en exercice de l'UA, et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA, ont en outre demandé au Conseil de paix et de sécurité de l'UA de se réunir d'urgence pour examiner la nouvelle situation en Guinée et prendre les mesures appropriées aux circonstances.

Lire auyssi: L'Algérie préoccupée, rejette tout changement anticonstitutionnel en Guinée

L'organisation des Etats ouest-africains, la Cédéao, a exigé également "le rétablissement de l'ordre constitutionnel afin d'éviter le recours aux sanctions".

L'Union européenne (UE) par le biais de son haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné dans un tweet le coup d'Etat en Guinée, appelant à la libération du président Condé.

Aux Etats Unis, le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a exhorté toutes les parties à éviter la violence et à engager le dialogue. La France qui a vivement réagi au coup de force, a demandé "le retour à l'ordre constitutionnel".

De son coté, la diplomatie russe a affirmé, qu'elle suivait les développements en Guinée avec une profonde inquiétude, soulignant qu'elle rejette toute tentative inconstitutionnelle de changement de pouvoir.

A ce titre, la Chine, par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue, à respecter les intérêts fondamentaux du pays et à résoudre les problèmes par le dialogue et la consultation".

Le président du Burundi Evariste Ndayishimiye a condamné le coup de force en lançant un appel au calme, alors que le gouvernement du Nigeria a exhorté les militaires à rétablir l'ordre constitutionnel sans délai et à protéger toutes les vies ainsi que les biens".

Aussi, l'Egypte a appelé toutes les parties en Guinée à faire preuve de retenue et à régler la crise de manière pacifique.

Alors que l'incertitude règne sur l'évolution de la situation à Conakry, la société civile guinéenne a appelé à mettre rapidement en place un cadre national de dialogue. Les nouvelles autorités doivent annoncer leur "feuille de route" lundi, selon des médias.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X