Sénégal: Manifestations contre la vie chère - Interdite, noo lank reporte sa marche au 17 septembre

Guy Marius Sagna
11 Septembre 2021

Interdite de marche hier, vendredi 10 septembre 2021, par arrêté du préfet de Dakar, Mor Talla Tine, la Plateforme multi-acteurs Noo Lank n'abdique pas.

Face à la presse, les membres dudit mouvement ont décidé de reporter leur manifestation contre «la vie chère» au vendredi 17 septembre 2021. «Cela ne signifie pas que nous allons continuer d'accepter l'arbitraire du préfet. Nous comptons tenir notre manifestation le Vendredi 17 Septembre 2021.»

Informé de l'interdiction de sa déclaration de marche, la veille jeudi, le collectif Noo Lank dénonce vivement cette pratique du préfet qui, selon ses membres, vise davantage à déstabiliser qu'autre chose.

Rappelant que sa lettre d'information a été introduite depuis plus d'une semaine, le collectif qui s'insurge contre, entre autres, la situation difficile que traversent les Sénégalais avec l'augmentation généralisée des prix des denrées de première nécessité, malgré les mesures étatiques dont l'application peine toujours à être effective. Il dit se préparer, en conséquence, pour la réussite de cette manifestation. «En attendant, nous allons continuer de mobiliser les Sénégalais et organisations pour une manifestation plus massive, afin de démontrer clairement au gouvernement que le peuple est á bout d'efforts et de sacrifices en ce qui concerne la hausse des prix des denrées et la cherté de la vie de manière générale. Ce délai sera aussi l'occasion d'observer les effets de l'arrêté du ministre du commerce».

Et de mettre en garde qu'il n'acceptera pas «l'arbitraire du préfet de Dakar», dont l'interdiction «vise à les déstabiliser». Le porte-parole du collectif, rappelant que l'itinéraire de cette procession, c'est de la Place de la Nation (ex-Obélisque) au rond-point de la Rts a souligné que, dans le fond, les motivations invoquées par l'autorité préfectorale dans sa réponse sont «encore plus scandaleuses».

En effet, pour motiver sa décision, le préfet de Dakar, Mor Talla Tine, a invoqué des «risque de trouble à l'ordre public», «risque de propagation de la Covid-19» et «risque d'entrave à la libre circulation».

Réagissant à ce motif, en ce qui concerne le «risque de propagation» du virus, il dira qu'aucune disposition n'est en vigueur. Cela est suffisant pour «prouver que le préfet est dans l'erreur manifeste. Et si nul n'est censé ignorer la loi, le préfet n'est censé, non plus, la violer comme bon lui semble», déclare Noo Lank, prenant à témoin l'opinion nationale et internationale, pour montrer son attachement au respect de l'ordre public, et ne pas répondre à la «provocation» qui consiste à les présenter comme des «hors-la-loi».

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