Congo-Brazzaville: Punition collective

La mise à sac, le 30 août, d'une officine pharmaceutique à Bacongo, dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, a causé un énorme préjudice à son exploitant, mais pas seulement.

Partout où ils sont implantés, que ce soit dans la capitale ou sur le reste du territoire congolais, ces établissements sont des relais de santé pour la communauté nationale. On ne devrait pour quelque raison que ce soit les vandaliser. L'acte de brigandage posé ce jour-là prédispose dorénavant à douter de la sécurité des employés de l'échoppe et de l'entrepreneuriat privé en ces lieux.

L'enquête de police ordonnée à la suite de l'attaque étant toujours en cours, il faudra s'armer de patience pour espérer voir un peu plus clair dans les tenants et aboutissants de celle-ci. A moins de mettre ce coup de sang regrettable au compte d'une tentative isolée qui ne se reproduira plus. Même dans ce cas de figure, la récidive étant le corollaire de l'impunité ou de l'intention de nuire, il importera d'établir les responsabilités et obtenir un répentir de ceux qui ont agi ainsi. Auquel cas, un jour ou l'autre, telle ou telle couche sociale se ferait justice sans avertir. Le 30 août, c'étaient globalement les marchands des médicaments de la rue ; demain on ne sait pas lesquels prendront la suite.

Ceci étant, parlons un peu de la réplique des administrateurs des pharmacies. Pour crier leur colère, ils n'y sont pas allés de main morte. On peut apprécier à sa juste valeur la solidarité dont ils ont fait montre à l'égard de leur collègue pris dans cette épreuve difficile. Au moyen du téléphone portable, l'information du saccage de la boutique de produits pharmaceutiques a fait le tour de la capitale, à leur tour les réseaux sociaux ont assuré le relais en diffusant les vidéos d'assaillants déterminés. Des propos perdus plus ou moins violents, plus ou moins soutenus étaient balancés, avant que les forces de l'ordre ne rétablissent la quiétude et que le bris de glace ne s'arrête.

Réponse du berger à la bergère, pourrait-on dire, les pharmaciens ont décrété, pour le 1er septembre, une fermeture complète de leurs drogueries. Entre 5 heures du matin et midi sonné, sept longues heures de pénitence ont été infligées à la population congolaise. Pour dire que le syndicat des pharmaciens est tout-puissant ? Non! Cette punition collective n'avait pas lieu d'être quand bien-même on ne peut empêcher autrui de défendre ses droits.

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