Zimbabwe: Bataille juridique autour de la dépouille de Robert Mugabe

Ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe

L'ancien président du Zimbabwe, décédé en 2019 après 37 ans au pouvoir, repose dans son village natal. Cependant, au mois de mai, un chef traditionnel local, saisi par un villageois, a ordonné l'exhumation du corps pour l'enterrer au cimetière des Héros de la nation (National Heroes Acre), à Harare. Ce chef considère que le lieu de la sépulture n'était pas conforme aux coutumes. Trois enfants de M. Mugabe contestent ce jugement.

De quel droit, un chef local, se permet-il de rendre un jugement sur la manière dont Robert Mugabe a été enterré ? C'est la question soulevée par trois enfants de l'ancien président du Zimbabwe. Ils sont représentés par l'avocat Fungai Chimwamurombe, du cabinet Zenas.

La décision du chef traditionnel est marquée par de nombreuses irrégularités. Par exemple, il n'a pas l'autorité pour rendre un tel jugement. Mais la Cour considère que les enfants de Mugabe sont étrangers à cette affaire. Par conséquent, ils ne sont pas habilités à faire appel du jugement. Nous contestons cette décision et allons faire appel devant la Haute Cour de justice du Zimbabwe.

Dès sa mort en septembre 2019, la dépouille de Robert Mugabe a été l'objet d'un bras de fer entre sa famille et le gouvernement. Les deux camps se disputaient le lieu de la sépulture. Ce nouvel épisode illustre le combat autour de la mémoire de l'ancien président selon le journaliste indépendant Xolisani Ncube.

« Souvenez-vous, Robert Mugabe a été renversé par un coup d'État en 2017. Et quand il est mort, le gouvernement s'est battu pour obtenir l'enterrement de Robert Mugabe au cimetière des Héros de la nation. Et aujourd'hui, c'est comme si le gouvernement voulait utiliser la dépouille de Robert Mugabe pour obtenir la confiance de ses soutiens. »

Pour éviter toute récupération politique, la famille de l'ancien président se mobilise. Le 21 septembre, ce sera au tour de Grace Mugabe de défendre la tombe de son mari devant les tribunaux. Elle demande la révision du jugement du chef local qui ordonne l'exhumation du corps.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X