Afrique: A la mémoire de notre collègue Diomède Nzupampona

communiqué de presse

Dimanche 22 août, Diomède se promenait comme à son habitude dans les rues de Bamenda, au Cameroun. Attaqué et blessé par des hommes armés en plein après-midi, il succombait à ses blessures le lendemain.

Lorsqu'il était sur le terrain, Diomède Nzobambona avait un rituel. Il aimait marcher de longues heures tous les week-ends, parfois sous un soleil de plomb. Au Mali, on l'appelait « l'homme de la marche sur la digue de Mopti à Sévaré », se rappelle Jean-Nicolas Marti, ancien chef de la délégation du CICR dans ce pays. « Pour s'aérer l'esprit, il parcourait cette piste jonchée de rizières et de palmiers sur une étendue de huit kilomètres. »

Diomède a effectué des missions humanitaires au Mali, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, en Irak et au Yémen. Quand on lui disait qu'il ne choisissait pas des missions faciles, il rétorquait naturellement : « C'est le travail ! »

En 2012, lorsque la ville de Gao tombe aux mains de groupes armés, une douzaine de collaborateurs du CICR ont vécu pendant 48 heures en isolation totale avant d'être évacués vers le Niger dans la nuit. Parmi eux figurait Diomède. « On a partagé beaucoup de moments forts ensemble. Il m'a aidé à négocier notre sortie. Je me rappelle d'un homme posé et extrêmement calme », explique Philippe, un de ses collègues.

Déterminé, curieux,méticuleux : ce sont des mots utilisés pour décrire Diomède, qui a travaillé sur les questions d'eau et d'assainissement pour le CICR. « Il fallait le voir ! Il passait beaucoup temps à lire et à faire des recherches sur l'ordinateur pour toujours être à la pointe des innovations », poursuit Philippe. En Mauritanie, il s'était donné pour défi d'accroître le nombre de points d'eau afin qu'habitants et troupeaux puissent avoir un accès suffisant à l'eau.

Dans son bureau, il arborait une carte avec divers emplacements marqués par des punaises. Une manière de toujours garder ses objectifs en tête.

« Au début, nous appréhendions son arrivée mais très vite il est devenu un mentor pour beaucoup d'entre nous. Il partageait volontiers des anecdotes et son expérience d'autres contextes », raconte Terence Ngwabe Che, chargé de communication du CICR au Cameroun.

« Il nous faisait nous sentir comme à la maison », renchérit un autre collègue. « Quand on rentrait le soir épuisés, il était toujours volontaire pour cuisiner de bons petits plats, animer des débats interminables et nous faire rire. » De petites parenthèses qu'il avait à cœur de préserver pour aider ses collaborateurs à oublier un court instant la violence et la fragilité de la vie dans les zones de conflits.

A 62 ans, Diomède pensait à la retraite et en parlait autour de lui. « Il y réfléchissait mais il était tellement engagé que je le voyais mal arrêter son parcours professionnel. Son parcours ne devait pas se terminer comme cela. Il mérite un repos paisible », dit Philippe.

Epoux, père, frère, ami et collègue. Diomède aura été tout cela. Aujourd'hui, il n'est plus, mais il aura marqué de son humanité nombre de personnes qui ont croisé son chemin.

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