Tchad: Ces jeunes Tchadiens qui doutent

13 Septembre 2021

A quelques jours de la rentrée scolaire au Tchad, à quoi pensent les jeunes de N'Djamena?

De nombreux jeunes Tchadiens dénoncent leur mise à l'écart dans la transition militaire en cours. Blaise Dariustone, notre correspondant à N'Djamena, est allé à leur rencontre à quelques jours de la rentrée scolaire.

"Le chômage continue de plus belle"

Tout comme certaines organisations de la société civile et une partie de l'opposition politique tchadienne, de nombreux jeunes sont méfiants quant à la transition militaire en cours.

Ceux-ci critiquent les nominations partisanes, des querelles d'égo entre les leaders politiques ainsi que la mise à l'écart des jeunes dans cette transition.

Marie est une jeune diplômée sur le point d'intégrer la fonction publique. Elle dénonce les nominations aux postes à responsabilité : "On a comme l'impression que c'est Idriss Déby Itno qui gouverne toujours le Tchad. On nomme que des gens favorables aux militaires. Le chômage continue de plus belle chez les jeunes et les gens passent leur temps à se quereller sur des places dans tel ou tel organe de la transition. Il n'y a rien de sérieux. "

Un silence acheté

Richard de Jésus est du même avis. Cet étudiant trouve que c'est "vraiment triste, ce qui se passe au Tchad". Il dit avoir espéré un changement à la mort du président Déby, maisa que son espoir a été déçu : "La transition en cours ne rassure pas. Le CMT (Conseil militaire de transition) distribue de l'argent aux opposants affamés pour les faire taire afin d'atteindre son but qui est d'installer un des fils de Déby au pouvoir. Or nous voulons un changement radical pour une amélioration de nos conditions d'études.">>> Lire aussi : Au Tchad, des jeunes sans perspective sont exploités

Se réunir autour d'une table

Des inquiétudes jugées fondées par Adam Ardja Hassan, le deuxième vice-président du Conseil national consultatif des jeunes du Tchad. Mais celui-ci demande à ces jeunes d'accorder le bénéfice du doute aux autorités de transition militaire.

"Il est tout-à-fait normal que les jeunes émettent des réserves, estime Ardja Hassan. Qu'ils soient un peu méfiants, c'est normal. Mais toutefois on doit accorder le bénéfice du doute à la transition. C'est une période de crise et en tant que jeunes, je pense que nous avons une lourde responsabilité, celle de s'unir et de s'écouter. Le Conseil national consultatif des jeunes du Tchadest un organe qui chapeaute toutes les organisations des jeunes. Notre rôle c'est d'accompagner la transition, c'est d'appeler les jeunes à se réunir autour d'une table, de discuter et prendre leurs doléances pour les amener auprès du gouvernement afin de trouver des solutions ensemble."

Au Tchad, les jeunes ont souvent été utilisés par les responsables politiques pour leur propre intérêt. Ils restent sous-représentés dans les instances de décision comme c'est le cas de nouveau dans cette période de transition.

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