Cameroun: Polémique au Collège de Mazenod - L'appel à l'apaisement

Dimanche à Ngaoundéré, le ministre de l'Administration territoriale a rencontré les protagonistes de la controverse autour de l'écusson.

« Le président Paul Biya a fait du Cameroun un pays de référence pour la paix, le vivre ensemble et où la co-existence pacifique est une réalité entre toutes les composantes sociologiques ». Le ministre de l'Administration territoriale s'est mué en messager de la paix à Ngaoundéré. C'est qu'une vive polémique agite depuis quelques jours la communauté musulmane relativement à la présence jugée problématique de la croix sur l'écusson du Collège de Mazenod de Ngaoundéré. Dèsson arrivée dimanche en début de soirée dans la ville, Paul Atanga Njia rencontré séparément les responsables de l'établissement privé catholique et les dignitaires religieux.

Après avoir écouté chaque partie sur l'origine de ce différend de nature à perturber les activités pédagogiques en ce début d'année scolaire, le Minat a prôné la tolérance, la retenue et l'esprit du vivre ensemble,« principes chers au président de la République ». « La tolérance est la première qualité d'un prédicateur. Évitez de prendre des initiatives malheureuses, référez-vous toujours à vos autorités traditionnelles, religieuses et administratives », conseille le membre du gouvernement. Le ministre qui a poursuivi ses consultations avec les deux parties, espère éteindre cette polémique et ramener la sérénité au sein de la communauté éducative du Collège de Mazenod de Ngaoundéré.

Au centre de cette polémique, l'écusson qui renvoie aux insignes de la Congrégation de Marie Immaculée, fondatrice de cet établissement privé catholique fondé il y a 67 ans par le missionnaire oblat Yves Plumey. Parmi les éléments qui composent cet écusson, figure une croix, symbole du catholicisme. Cet écusson a toujours existé, mais son port n'était obligatoire par tous les élèves.

Dans l'enceinte de l'établissement, un espace a été aménagé pour permettre aux élèves musulmans d'accomplir leurs prières rituelles. Mais, depuis deux ans, un nouveau principal est arrivé dans le collège. L'Abbé Honoré Ngonzo Tchinda Fodeba entend revenir aux fondamentaux de cet établissement confessionnel, surtout à l'occasion de la célébration des 75 ans de présence et d'action des missionnaires Oblats qui sont à l'origine de la création de ce collège. Le port de l'écusson est donc rendu obligatoire pour tous les élèves inscrits au cours de cette année scolaire.

Pour la communauté éducative musulmane, le port du signe de la croix est incompatible avec les pratiquesde l'Islam. La sortie de l'imam de la Grande mosquée de Ngaoundéré jette de l'huile sur le feu. Dans uncommuniqué signé et publié le 9 septembre 2021, soit trois jours après la rentrée, l'imam Mahmoudou déplore cette décision prise par les responsables du Collège de Mazenod et rappelle que «le port du signe de la croix qui s'apparente à une méthode subtile d'évangélisation savamment orchestrée, va à l'encontre des enseignements de l'Islam».

Dans son communiqué, le dignitaire religieux fait savoir que malgré toutes les démarches engagées pour trouver un terrain d'entente, la direction du collège « est restée sourde à notre sollicitation ». Il recommande alors aux imams et prédicateurs d'inviter les parents à prendre leurs responsabilités, en évitant d'inscrire leurs enfants « dans tout établissement confessionnel qui imposerait le port d'un insigne religieux contraire aux préceptes de l'Islam ». Cette situationa jeté un trouble entre les communautés catholique et musulmane de la région.

Pour Mgr Emmanuel Abbo, le collège de Mazenod a toujours accueilli tous les élèves de tous les horizons, sans distinction de tribu,ni de religion ».

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