Congo-Kinshasa: Dossier Bukanga Lonzo - Matata Ponyo devant la barre le 25 octobre

L'audience qui sera publique, avec possibilité d'une retransmission en direct à la télévision nationale, a été fixée pour le 25 octobre. D'ores et déjà, toutes les parties au procès (défense, partie civile et ministère publique) ont été notifiées par la Cour constitutionnelle.

Après moult tergiversations, les choses se précisent enfin sur le dossier « Bukanga Lonzo », ce parc agro industriel dont le projet avait coûté à la République plus de 200 millions de dollars américains. Soupçonné d'avoir été à la manette du vaste complot de détournement ayant caractérisé la mise en œuvre de ce projet titanesque, l'ex-Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, est actuellement dans le viseur de la justice. L'Inspection générale des finances (IGF) qui a investigué sur ce dossier présente l'incriminé comme le principal auteur de la débâche financière ayant occasionné l'exécution en partie de ce projet, au grand désenchantement des Congolais qui y avaient placé tous leurs espoirs. Aujourd'hui, ce parc agro industriel de Bukanga Lonzo n'est plus que l'ombre de lui-même et n'existe que de nom.

Après une série des va-et-vient entre le procureur général près la Cour constitutionnelle et la Chambre haute du Parlement dont Matata Ponyo est membre, l'option de la levée des immunités du sénateur sur qui pèse des graves soupçons de culpabilité a été prise. Le Sénat a fini par acquiescer à la requête du procureur général près la Cour constitutionnelle en autorisant des poursuites judiciaires contre l'ex-Premier ministre, dans les dossiers des biens "zairianisés", avec pour conséquence, la levée de ses immunités. Dans la foulée, saisissant la balle au bond, le procureur près la Cour constitutionnelle ne s'est pas fait prier pour transférer illico presto l'affaire à la haute Cour pour fixation de la date d'audience. Ce qui a été fait.

D'ores et déjà, toutes les parties au procès (défense, partie civile et ministère publique) ont été notifiées par la haute Cour. Tous ceux qui étaient impliqués, de loin ou de près, dans ce dossier maffieux répondront de leurs actes. Il nous revient des sources judiciaires que l'ancien ministre de Finances du gouvernement Matata, Patrice Kitebi, déjà auditionné au parquet près de la Cour constitutionnelle, a été également notifié. Eu égard à la qualité des personnalités invités pour éclairer la lanterne de la Cour sur ce dossier, il y a lieu de croire à un procès retentissant qui risque de faire tâche d'huile dans l'arène politico-judiciaire.

Dans l'entourage de Matata Ponyo, on continue à plaider non coupable tout en stigmatisant les irrégularités ayant entaché la procédure qui a conduit à l'ouverture du procès. « Il y a plusieurs irrégularités et le dossier va d'irrégularités en fraude (... ) Nous demandons à la Cour de dire simplement le vrai en lieu et place de pouvoir se comporter en kamikaze comme l'a fait le procureur général près la Cour constitutionnelle qui a saboté les lois du pays en privilégiant l'influence politique en complicité avec le bureau du Sénat », a déclaré un des proches de Matata Ponyo, avant de demander au juge constitutionnel de se déclarer simplement incompétent sur cette affaire.

Qu'à cela ne tienne. Une chose est vraie, c'est que le procès Matata aura bel et bien lieu. Alors qu'il souhaite se rendre à l'étranger pour des soins appropriés eu égard à son état de santé précaire, Augustin Matata Ponyo s'est vu interdire de quitter le territoire national. Pour de nombreux analystes, l'ancien Premier ministre ferait mieux d'obtempérer à la décision de la justice en se présentant devant la barre pour faire valoir ses moyens de défense. Ce n'est qu'à ce prix qu'il pourra se tirer d'affaire si et seulement si son innocence est prouvée.

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