Congo-Kinshasa: Manifestations publiques - La marche de Lamuka reportée

Alors que le gouverneur a renvoyé la marche de Lamuka à deux jours après la date initialement prévue par cette dernière, le regroupement politique continue à appeler ses militants et cadres à battre le pavé le 15 septembre, bravant ainsi l'interdiction.

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, après la réunion de concertation avec les organisateurs de la marche de la coalition Lamuka, a autorisé cette manifestation pacifique initialement prévue au 15 septembre 2021, tout en la renvoyant au 17 septembre. Le gouverneur Ngobila avance trois raisons principales pour motiver sa proposition. Il s'agit notamment la rentrée parlementaire, prévue le 15 septembre, de l'information selon laquelle il y aurait des personnes qui projettent de vandaliser les biens et édifices publics, ainsi que les mesures liées à la prévention de la transmission de la covid-19.

De leur côté, les organisateurs de cette marche dont la coalition Lamuka et d'autres formations politiques qui ont prévu s'associer à ce regroupement, ne veulent pas l'entendre de cette oreille. Pour eux, leur rendez-vous sera tenu au 15 septembre. « J'en appelle à tous les militants et cadres de Lamuka ainsi qu'à tout le peuple congolais de participer à cette marche le mercredi 15 septembre afin d'exiger une Commission électorale nationale indépendante non politisée », a dit l'un des leaders de cette plate-forme, Martin Fayulu.

Selon cette option de Lamuka et de ses partenaires, la marche aura bel et bien lieu, le 15 septembre, comme prévu et annoncé à l'autorité urbaine. Martin Fayulu demande, en outre, à la police de sécuriser cette manifestation conformément à la Constitution.

La police déployée pour faire respecter la décision de l'autorité

«Dès ce soir, la police sera déployée. Demain très tôt le matin, nous prendrons possession de tous les points chauds », a dit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo sur les ondes de Top Congo FM. La police de Kinshasa est consignée. Dès aujourd'hui, a-t-il fait savoir, nous allons passer nuit dans les différents sous-commissariats pour que, demain très tôt le matin, nous puissions prendre possession de tous les points chauds.

Réagissant à la demande de Lamuka pour la sécurisation de cette manifestation, le commissaire provincial de la police de Kinshasa a dit : « Les paramètres sécuritaires ne nous permettent pas de sécuriser une marche ce mercredi ». Et d'appeler cette plate-forme politique au respect de la décision du gouverneur. « Nos frères de Lamuka peuvent marcher tranquillement et sans problème deux jours après », a souligné le général Sylvano Kasongo. Ceux qui vont se hasarder à troubler l'ordre public demain mercredi, a promis le chef de la police de la capitale, vont trouver la police sur leur chemin.

Selon le général Kasongo, tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé avec des armes non létales. « Nous avons l'instruction d'interpeller toute personne qui ira à l'encontre de la décision de l'Hôtel de ville », a-t-il prévenu. Et d'insister : « À tous ceux qui sortiront demain dans l'intention de saboter les actions du gouvernement, incendier les bus Transco et autres, nous leur disons que la police est là. Si vous voulez marcher, marchez le 17 septembre. Le 15 septembre, la marche a été interdite ». Dans sa décision, rappelle-t-on, le gouverneur Ngobila avait instruit le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa et les bourgmestres pour l'exécution de cette décision du report de cette marche.

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