Congo-Kinshasa: Lutte contre la fraude et la contrebande - La ministre des Mines en guerre contre les sites miniers illégaux au Lualaba

13 Septembre 2021

Après le Haut-Katanga, la Ministre des Mines est allée cette fois-ci en guerre dans la province du Lualaba contre toutes exploitations illicites des mines.

Depuis son arrivée le week-end dernier, elle effectue des visites d'inspections dans différents sites miniers afin de comprendre comment ils fonctionnent et démanteler tous les réseaux mafieux. Antoinette N'Samba tient à assainir l'environnement minier de cette province et mettre hors d'état de nuire les exploitants véreux qui ne veulent pas se conformer au code et au règlement miniers en vigueur. C'est le sens même de sa tournée dans l'espace du Katanga.

Avant de débuter la descente dans les sites miniers du Lualaba, elle s'est entretenue avec les agents et cadres de l'administration des Mines et services spécialisés de la province afin de mettre le point sur le « i » au sujet de la problématique de l'exploitation illégale des mines dans cette partie du pays et sur la présence clandestine des expatriés dans les sites miniers artisanaux.

Selon le Directeur provincial du SAEMAPE Lualaba (Service D'Assistance et d'Encadrement de l'exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle), Georges Nyembo, il existe 50 sites miniers artisanaux dont 40 légaux et 10 irréguliers. Un secteur qui mérite d'être formalisé car il y a fuite des capitaux par plusieurs réseaux parallèles qui procèdent aux coulages des recettes, avec la bénédiction de certaines autorités.

La ministre des Mines a appelé les responsables de différents services à dénoncer toutes les pratiques tendant à saboter les efforts du gouvernement pour assainir ce secteur et les a invités à militer pour le respect de la loi à travers le code minier. « La loi est dure mais, c'est la loi. Vous devez prendre votre responsabilité pour le respect des textes afin que l'État et le peuple congolais bénéficient de leurs richesses », a-t-elle martelé, tout en soulignant l'importance de la création et de la gestion des coopératives par les Congolais et non par les expatriés.

Elle a menacé de sanctionner tous les services qui délivrent avec complaisance les autorisations d'exploitation minière artisanale, sans se conformer aux textes.

Visite de quelques sites miniers

Se basant sur les informations reçues au niveau de l'administration, le numéro 1 des Mines en RDC a effectué une décente dans le site d'exploitation artisanale de Kasola, appartenant à l'Etat congolais et reconnu officiellement. Sur place, le constat est amer ! En effet, l'exploitation se fait à la main, sans casques, ni bottes ou support pour se protéger. Pourtant, cette entreprise minière compte plus de 9.000 travailleurs à son actif, constitués des jeunes et des vieux venus de plusieurs coins de la ville de Kolwezi, travaillant jour et nuit afin de gagner leur pain. Selon une source locale, les exploitants artisanaux de ce site peuvent creuser à une profondeur de 30 mètres voires plus, pour extraire les minerais. Ils les vendent, ensuite, auprès des chinois à vil prix.

La ministre des Mines a dénoncé les conditions de travail déplorables de ces compatriotes qui courent le risque d'avoir des problèmes de santé suite au manque de protection. Les creuseurs ont également dénoncé la prédation dont ils sont victimes de la part des sujets chinois lorsqu'il s'agit de mesurer leurs minerais pendant la vente.

Ensuite, Antoinette N'samba a visité les installations de l'entreprise minière « Kamoa Copper », située à 50 km de la ville de Kolwezi, spécialisée dans la production du cuivre. Elle produit plus de 200.000 tonnes de cuivre par an et compte d'ici 2023, avec un investissement de 130 milliards de dollars américains, atteindre 400.000 tonnes l'an. Elle est parmi les plus grandes de la RDC et la deuxième au monde après celle du Chili. Cette entreprise projette d'installer une usine de raffinerie pour la transformation du cuivre.

La patronne des Mines a exhorté les exploitants de cette meunerie à travailler toujours dans le respect des textes et a rappelé leurs obligations vis-à-vis de l'Etat et de la communauté locale.

Tête -à-tête entre la FEC et la ministre des Mines

Profitant de sa mission d'inspection dans le Lualaba, la ministre nationale des Mines a échangé avec les opérateurs miniers industriels, semi-industriels, artisanaux, membres de la FEC ainsi que des membres de la société civile du Lualaba. Les échanges ont tourné autour de l'exploitation des minerais dans cette province.

Ils ont dénoncé notamment la perception illégale de différentes taxes et l'envahissement des sites miniers privés par les creuseurs artisanaux. Une situation qui ne permet pas l'amélioration du climat des affaires dans ce secteur. Par ailleurs, Ils ont aussi fustigé l'accès difficile aux institutions financières malgré les avantages prévues dans le Code minier, la violation systématique des droits de l'homme et des travailleurs, l'absence de sites miniers fiables pour les exploitants artisanaux, la fraude minière, etc. Ils ont consigné toutes ces revendications dans un mémorandum remis à l'autorité de tutelle.

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