Madagascar: Ahmad - « Il n'y a pas de démocratie à Madagascar »

Ahmad a-t-il une nouvelle ambition politique ?

Après avoir quitté la présidence de la CAF, Ahmad sort de son silence et fait sa rentrée, cette fois-ci, sur le terrain politique. L'ancien ministre est critique vis-à-vis du régime.

Ahmad a reconquis la scène publique. Il a fait une sortie médiatique, lundi dernier, et aborde, sans complexe ni langue de bois, ses domaines de prédilection : le football et la politique. Invité sur une télévision locale à Mahajanga, l'ancien président de la Fédération malgache de foot, et également ancien patron du foot africain, n'a pas été, en effet, très tendre avec le régime actuel autant sur la gestion du foot malgache. Le problème du sport roi au pays, selon Ahmad, est que « l'intérêt personnel prime beaucoup sur l'intérêt national ». Faisant allusion à la gestion actuelle de la Fédération de foot, il a affirmé que « cette situation a des impacts négatifs sur les résultats sportifs de l'équipe nationale ». Si l'Etat s'abstient de la soutenir, essentiellement sur le plan financier, la discipline aura du mal à produire des résultats probants, a-t-il analysé.

Autonomie. Ce cadre de la région, qui évoque à plusieurs reprises son origine Sakalava et sa fierté de l'être durant l'interview de presque une heure, croit à l' « autonomisation de la province de Mahajanga », selon ses propos. Aurait-il alors une conviction ou un penchant pour le fédéralisme ? La question n'a pas été soulevée telle qu'elle aurait dû durant l'entretien d'Ahmad même s'il affirme que « Mahajanga a tous ses atouts pour s'auto-développer ». La région, selon Ahmad, a « son capital humain nécessaire et les ressources disponibles peuvent concourir à son développement, notamment en matière de minerais comme le fer de Soalala, de ressources marines et de potentialités touristiques ». « Nous pouvons lancer le défi dans cette optique pour le développement de la province de Mahajanga », a-t-il rassuré. Toutefois, il semble que le soutien des autorités locales lui manque.

Autorités. L'ancien président de la Confédération africaine de Football n'est pas en odeur de sainteté auprès des responsables locaux qu'il a ouvertement critiqués à la télé, lundi dernier. Il sort de ses gonds et règle ses comptes en public avec les autorités à Mahajanga, et accuse même certains de lui mettre des bâtons dans les roues. « J'ai choisi de m'investir ici à Mahajanga, et non pas ailleurs même si j'en avais l'opportunité, alors que d'autres, pourtant, essaient de me bloquer », s'est plaint Ahmad. Aussi, « j'ai fait des actions dans la région et les élus sont venus pour effacer les traces de mon passage », ajoute-t-il. Entre lui et les autorités locales, le courant ne passe pas au point de taper sur la table et même de pointer du doigt le gouverneur de la région Boeny, Mokhtar Andriatomanga.

Opposant. La sortie médiatique d'Ahmad, le premier sur une chaîne malgache depuis sa débâcle à la Confédération africaine de Football, a laissé transparaître son positionnement sur l'échiquier politique. Avec son image de politicien qui lui colle à la peau à cause de sa carrière de technicien du sport, Ahmad est très critique face au régime. Pour cet ancien ministre de Hery Rajaonarimampianina, qui affirme n'avoir été membre du parti HVM à aucun moment, « il n'y a pas de démocratie à Madagascar ». Le fait que les tenants du pouvoir évitent de débattre en public avec ses opposants démontre, selon Ahmad, que « la démocratie n'existe pas au pays ». Et de poursuivre que « quand on est au pouvoir, on a tendance à n'écouter personne, à fermer les portes aux discussions et au débat ». Et, selon toujours Ahmad, beaucoup de gens, des cadres et même des opérateurs économiques seraient tous actuellement frustrés. Et l'histoire a démontré, poursuit-il, que le « peuple peut tourner le dos au régime en place si les choses empirent, comme ce fut le cas de l'Arema en 2001 et 2002 ».

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