Sud-Soudan: Les dissensions au sein du mouvement du Vice-président affaiblissent l'accord de paix

SPLM-N fighter standing in front of traditional tukul hut and mudded up rebel vehicle in Blue Nile state

Juba — Au moins 20 soldats ont été tués le 13 septembre lors de la reprise des combats entre les factions rivales de l'Armée populaire de libération du Soudan/Mouvement d'opposition (SPLM-IO), le principal groupe d'opposition au Sud-Soudan, dirigé par le premier vice-président Riek Machar. Les affrontements ont eu lieu dans les régions de Morjala et de Gazal, dans le Haut-Nil. Des combats avaient déjà éclaté entre des factions du SPLM-IO les 7 et 8 août, après que les rivaux de Machar eurent affirmé l'avoir déposé à la tête du parti et de ses forces militaires le 4 août.

L'affrontement oppose l'aile politique du Mouvement, dirigée par Machar, et l'aile militaire, dirigée par le lieutenant général Simon Gatwech Dual et le général de brigade William Gatjiath Deng, qui accusent Machar de népotisme, de dictature et d'abandon de la vision du parti. En juin, Machar avait tenté en vain de limoger Dual de son poste de chef d'état-major.

La lutte interne au sein du SPLM-IO a de lourdes répercussions sur le processus de paix au Soudan du Sud, qui a été brisé par la guerre civile qui a éclaté en décembre 2013. En vertu de l'accord de paix de 2018, qui définit les conditions du gouvernement de transition, Machar est spécifiquement désigné comme la personne du SPLM-IO pour occuper le poste de premier vice-président dans le gouvernement de transition. Au sein de la faction de Machar, on soupçonne que la rébellion interne au mouvement qu'il dirige pourrait avoir été planifiée par d'autres membres du gouvernement d'unité nationale pour renforcer la position du président Salva Kiir.

D'autres ont vu dans cette tentative de "coup d'État" le signe d'une frustration généralisée à l'égard du gouvernement d'unité nationale et du gel de la mise en œuvre du plan de paix. La guerre civile a fait jusqu'à présent quelque 400 000 morts et déplacé plus de 4 millions de personnes, dont 2,5 millions de réfugiés dans les pays voisins, notamment en Ouganda et au Soudan.

Le 11 avril 2019, à la Domus Sanctae Marthae au Vatican, le Pape François s'était agenouillé devant les dirigeants politiques du Soudan du Sud (voir Fides 9/4/2019) à l'issue de la retraite spirituelle et avait lancé un appel à la paix en baisant les pieds du Président de la République Salva Kiir Mayardit, et des Vice-présidents désignés présents, dont Riek Machar et Rebecca Nyandeng De Mabior (voir Fides 12/4/2019).

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