Cote d'Ivoire: Corruption - Le ministre Épiphane Zoro Bi Ballo dévoile la liste des services publics épinglés

15 Septembre 2021

Le ministre Epiphane Zoro Bi Ballo a, au cours d'un point de presse, hier, à son cabinet au Plateau, affiché la volonté du gouvernement d'engager des actions pour assainir la Côte d'Ivoire.

Opérations coup de poing. C'est la dénomination de la série d'actions que Épiphane Zoro Bi Ballo, ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du Renforcement des capacités et de la Lutte contre la corruption, a menées au sein des services publics. Hier, au cours d'un point de presse, à son cabinet au Plateau, il a dévoilé la liste des services publics qui ont été épinglés.

Selon le ministre, la Société ivoirienne de contrôles techniques automobiles et industriels (Sicta) figure au nombre de ces services publics.

A en croire Épiphane Zoro Bi Ballo, il a été « recueilli des preuves montrant des individus, non-agents de la Sicta, appelés « facilitateurs », recevant des pots de vin des mains d'usagers afin d'éviter les files d'attente à ceux-ci ; d'éluder les pénalités de retard et de leur assurer un passage avec succès lors du contrôle technique ».

Il a révélé qu'une autre opération de vérification d'allégations d'extorsion de fonds par des agents de sécurité (police et gendarmerie) lors de contrôles routiers a permis de recueillir des vidéos montrant des agents de ces deux corps recevant des sommes d'argent des mains d'usagers.

« Enfin, il a été constaté des tracasseries routières en lien avec le convoyage de produits vivriers. A cet effet, une collecte de données sur le terrain nous a permis d'avoir une idée des sommes payées par les commerçants. Ainsi, sur l'axe Hiré-Abidjan, par exemple, le commerçant doit s'acquitter de la somme de 20.000 FCfa au total répartis entre les différents barrages pour espérer voir sa marchandise arriver à destination », a-t-il expliqué.

Puis de regretter : « Plus les transporteurs subissent des tracasseries routières, plus cela se fera ressentir sur les ménages et le quotidien des populations ». En outre, le ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du Renforcement des capacités et de la Lutte contre la corruption a porté à la connaissance de la presse que des soupçons de corruption pèsent sur le secteur de l'Éducation, relatifs au paiement de pots- de- vin pour l'orientation d'élèves lors des affectations dans les écoles d'enseignement privé.

Ce constat, selon lui, est également fait au niveau de la santé où il est dénoncé le paiement de pots-de-vin pour accélérer la procédure ou obtenir l'accord d'enregistrement d'un médicament, la facturation des soins réputés gratuits dans les hôpitaux publics. La justice, a fait savoir Épiphane Zoro Bi Ballo, est aussi dans son viseur.

Il a déclaré qu'il est fait cas de soupçons de paiement de dessous-de-table aux démarcheurs pour accélérer le traitement des dossiers lors de l'établissement d'actes de justice.

Le secteur de la construction, à en croire le conférencier, est gangréné par la corruption où il existe des soupçons de paiements de pots-de-vin afin d'acquérir le permis de construire ou modifier la propriété de l'Arrêté de concession définitive (Acd).

Il a fait savoir que les résultats des investigations ont été transmis aux autorités compétentes.

En ce qui concerne les Forces de défense et de sécurité, le ministre a précisé que le commissaire du gouvernement, Ange Kessy Kouamé, a été saisi. Avant de déclarer qu'il animera, le vendredi 17 septembre, une conférence de presse conjointe avec ce dernier.

Épiphane Zoro Bi Ballo a révélé que pour les fonctionnaires et agents de l'État civils, les dossiers sont transmis au procureur de la République, autorité compétente à cette fin, pour engager les poursuites pénales.

Le ministre a précisé que ce travail effectué par son ministère repose sur une démarche qui comprend la phase de préparation des opérations, celle de mise en œuvre des opérations. La dernière, à l'en croire, a visé à ériger un dispositif anti-corruption dans les structures concernées.

Épiphane Zoro Bi Ballo a affirmé que des premières collectes d'information recueillies par son ministère et auprès des organisations comme l'Ong Transparency, des données de l'Institut national des statistiques ( Ins) et Afrobarometer ont permis d'identifier des secteurs prioritaires et les formes de corruption les plus pernicieuses.

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