Cameroun: Lutte contre la cybercriminalité - La Justice se met à jour

Le ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de la Justice, Jean de dieu Momo, a ouvert hier un séminaire de trois jours à l'intention du Tribunal criminel spécial.

Trois jours d'apprentissage pour être au fait des évolutions en matière de cybercriminalité, et être à même d'apporter une riposte appropriée face à ce mal en perpétuelle mutation. Voilà la trame du séminaire de sensibilisation ouvert hier, 15 septembre, à Yaoundé, par le ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo. La formation organisée par l'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (Antic) est destinée aux magistrats, officiers de polices judiciaires du Tribunal criminel spécial, officiers de police judiciaires à compétences spéciales de l'Antic et du personnel de la direction des Affaires pénales et des Grâces du ministère de la Justice.

« L'objectif de cette rencontre annuelle est d'édifier au mieux ceux qui ont la noble, lourde et délicate mission de rendre la Justice au nom du peuple camerounais, sur les diverses manifestations des infractions cybernétiques, et de les imprégner d'outils permettant de collecter des preuves numériques y relatives, dans les règles de l'art, pour une répression efficace des actes numériques déviants, a expliqué le directeur général de l'Antic, Ebot Ebot Enaw.

A l'ouverture de ces travaux, le ministre délégué Jean de Dieu Momo a insisté sur le caractère de plus en plus complexe des infractions sur Internet et les dégâts causés à la société. Pour lui, « la cybercriminalité s'est professionnalisée, avec la création de réseaux de plus en plus structurés et spécialisés ». Il a également déploré le fait que des documents confidentiels, émanant des services névralgiques de l'Etat, parfois d'une sensibilité particulière, se retrouvent souvent, quelques minutes après leur émission, sur les réseaux sociaux. Ce fléau qui touche à la fois les citoyens, les entreprises et les Etats. Une situation qui appelle à une vigilance accrue des magistrats et des officiers de police judiciaire.

Pour mesurer l'ampleur des dégâts évoqués plus haut, le DG de l'Antic a présenté les visages les plus connus de la cybercriminalité au Cameroun. Ainsi, l'arnaque sur Internet appelée « scamming » a entraîné des dommages estimés à 7 milliards de F depuis 2010. La fraude à la carte bancaire a, quant à elle, occasionné des pertes de plus de 3 milliards de F à une banque locale en 2010. A ceci s'ajoutent l'arnaque au mobile money, l'usurpation d'identité, l'infection des sites web, la propagation de fausses nouvelles, etc. Dans le cadre de ce séminaire les participants vont bénéficier d'experts issus de l'Antic, des

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X