Sénégal: Mbour / Pauvreté dans un contexte Covid-19 et de tourisme et pêche affectees - Des ménages à genoux, face à la flambée des prix des denrées

16 Septembre 2021

La pauvreté est partie pour s'implanter dans le département de Mbour, dans une situation économique marquée par la perte progressive des valeurs de solidarité et de mutualisation des forces et des énergies pour faire face à certains problèmes sociaux.

La Covid-19 a occasionné des pertes d'emplois, synonyme de manque de revenus et de conditions de vie difficiles pour nombres de ménages. Une situation qui est venu s'ajouter aux déboires des acteurs de la pêche lourdement affectés par la raréfaction de la ressource, brisant toute une chaine de valeurs.

Dans le monde du tourisme, le chaos est d'autant plus expressif avec les pertes d'emplois par milliers. Ce secteur transversal vit un profond malaise. D'une manière générale, chaque secteur pris, l'informel compris, est dans la souffrance. Un octogénaire se rappelle la période des distributions des vivres, sous le régime de l'ancien président Léopold Sédar Senghor.

La démarche mettaient un coup d'arrêt à des scènes de famine pourtant dans des situations de marasme économiques. Les quelques ménages sollicités pour donner des informations sur le coût de la vie et leur résilience dans ce contexte de pauvreté endémique pour les citoyens aux revenus modestes se désolent de l'absence de soutien, face à la montée exorbitante des prix des denrées de première nécessité. G T, une mère de famille, évoque la vente de cacahuètes pour s'en sortir et nourrir sa petite famille, une pratique très courante.

Des personnes du monde rural interrogées font part de la soudure difficile, avec les changements climatiques ou les péjorations. D'habitude, dans la deuxième quinzaine de septembre, les premières récoltes de niébé, de maïs et le mil en phase de maturation étaient disponibles. Les pauses pluviométriques ont plus ou moins compromis cette donne. A A.S nous a confié : «la recette est salée pour nous, dans un contexte de renchérissement du coût de la vie, avec la flambée des prix pour des gens qui avaient de la peine à se procurer certaines denrées, faute de revenus».

La situation n'est pas du tout rose pour les travailleurs saisonniers qui, d'habitude, parvenaient à assister leurs familles. Particulièrement, dans le monde du tourisme, la chaine de valeurs est brisée. L'absence de la clientèle, de l'avis d'un professionnel du secteur, à des conséquences incalculables. Les guides professionnels ou amateurs (locaux) sont aux abois, avec l'absence de touristes, voyant tout un monde s'ébranler devant eux. Des ambitions et des vocations sont compromises et s'évanouissent dans la douleur. M.F s'en désole : «il n'y a plus de toubab».

A l'en croire, les fournisseurs ont des pertes de revenus répercutés au niveau des producteurs de denrées alimentaires. Les ouvriers agricoles vivant de l'activité n'ont la possibilité de gagner le moindre kopeck. Les pêcheurs déplorent la raréfaction de la ressource et les produits des quelques randonnées fructueuses sont difficilement écoulées, à cause du manque de liquidité des clients.

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